Victoria

Affiche Victoria
Réalisé par Sebastian Schipper
Pays de production Allemagne
Année 2015
Durée
Musique Nils Frahm
Genre Thriller, Drame
Distributeur filmcoopi
Acteurs Frederick Lau, Laia Costa, Franz Rogowski, Burak Yi?it, Max Mauff
Age légal 12 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 729
Bande annonce

Critique

A peine le clap de fin ayant retenti, Victoria avait déjà sa place dans le Livre des records. Il s’agit en effet du plus long film tourné en un seul plan-séquence, sans aucun trucage. En 135 minutes, la caméra suit la jeune héroïne de sa sortie de boîte de nuit pour finir dans une rue au petit matin, en passant par des voitures, un bistrot, un toit, une banque, un parking souterrain, un hôtel, des rencontres néfastes et une aventure inattendue. Techniquement bien sûr, le film donne le tournis. On imagine le stress de l’équipe et des acteurs au moment de partir pour plus de deux heures de marathon dans Berlin, alors qu’un incident technique peut survenir à chaque instant, un acteur arriver trop tard ou un accessoire ne pas fonctionner. Les comédiens, chez qui on ressent parfois ce stress, sont excellents.

Mais la médaille a son revers. Avant que l’histoire ne décolle vraiment, il faut comme toujours mettre en place la situation, faire la connaissance de tous les personnages, et cela prend évidemment beaucoup de temps, étant donné le parti pris technique du film. Il ne se passe donc pas grand-chose pendant une heure, et le tournis susmentionné vire à la somnolence. Comme aucun montage n’était possible, peut-être aurait-il fallu dynamiser tout ça avec une voix-off, mais cela n’était pas possible non plus. Le résultat est que, dans la seconde partie, si l’on suit la virtuosité de la caméra et l’improvisation des acteurs, on ne suit pas vraiment l’histoire racontée, qui n’est pourtant pas banale. Voilà le réel problème de ce film: le défi technique est tel qu’il fait passer le récit bien loin derrière.

Pour l’anecdote, rappelons que La Corde (Alfred Hitchcock, 1948) fut longtemps considéré comme le premier film tourné en un seul et unique plan-séquence. A tort, car les bobines de l’époque n’excédaient pas une durée de dix minutes. Hitchcock masqua donc les coupes, en passant par exemple derrière le dos de l’un des acteurs. Le film est en fait constitué de onze plans-séquence successifs.

Philippe Thonney

Appréciations

Nom Notes
Philippe Thonney 13
Serge Molla 13
Georges Blanc 16