Chemin de la liberté (Le)

Affiche Chemin de la liberté (Le)
Réalisé par Roland Emmerich
Pays de production U.S.A., Allemagne
Année 2000
Durée
Musique John Williams
Genre Historique, Drame, Guerre, Action
Distributeur Columbia TriStar Films
Acteurs Tchéky Karyo, Mel Gibson, Jason Isaacs, Heath Ledger, Joely Richardson
Age légal 10 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 397
Bande annonce

Critique

La sortie de cette superproduction historique aux Etats-Unis a été fixée au 4 juillet, jour anniversaire de l’indépendance. Après STARGATE, Stars and Stripes: un cinéaste né en Allemagne se penche sur la naissance d’une démocratie moderne, à grands renforts de costumes, de décors, de centaines de figurants, de documentation puisée aux meilleures sources, avec un souci très poussé du détail, allant même jusqu’à semer du tabac, du millet et autres végétaux pour donner des couleurs particulières aux paysages. Sans compter un beau plateau, dont l’acteur principal est Mel Gibson dans un rôle à la BRAVEHEART, pour un cachet se montant paraît-il à 25 millions de dollars…

Benjamin Martin (Mel Gibson) est un plan­teur de Caroline du Sud, veuf et père de sept enfants, qui a été un héros des combats contre les Français et les Indiens. Vivant paisiblement mais hanté par ses violences passées, il est reconnu comme un citoyen modèle, sage et pondéré. Lorsque ses compatriotes décident de secouer le joug britannique, il demande s’il est préférable de subir un tyran régnant à 3'000 milles de distance ou 3'000 tyrans vivant sur place… Mais l’engagement de son fils aîné puis l’irruption brutale sur ses terres d’une troupe de choc, les dragons verts, commandés par un colonel sadique, le forcent à prendre les armes et à mettre son expérience au service des milices levées pour renforcer l’armée de George Washington.

Producteur et scénariste ont déjà travaillé ensemble sur IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN. Le film n’est pas tant une évocation de la guerre (encore que les scènes de batailles, très réalistes, aient leur impor­tance), qu’une réflexion sur les conséquen­ces de celle-ci sur les individus: égoïsme, peur, esprit de vengeance, héroïsme.

Travail, famille patrie: la trilogie chère aux socialistes français des années 30 (mais vomie par eux dès sa récupération par Pétain…) jalonne LES CHEMINS DE LA LIBERTE. S’y ajoutent, dosés à l’ordinateur dirait-on: amour, violence, vastes paysages, beaux décors, uniformes rutilants, quelques rares touches d’humour, un peu d’anti­racisme. Mais ce qui se veut une épopée manque de souffle et tire en longueur. La bannière étoilée brandie pour marquer une victoire chèrement acquise est peut-être une image subliminale du monument d’Okanawa et agira comme telle auprès d’une certaine génération d’Etats-Uniens. Quelques vagues réminiscences de GUERRE ET PAIX surgissent ici et là, mais Mel Gibson n’est pas Henry Fonda et Joely Richardson, toute mignonne qu’elle est, ne peut pas faire oublier Audrey Hepburn.

On attend avec intérêt la carrière outre-Atlantique du film face au public qui lui est prioritairement destiné. Les Romands, quant à eux, retrouveront avec amusement René Auberjonois, sauf erreur petit-fils du peintre homonyme, en pasteur-soldat («Quand le troupeau est en danger, il faut tuer les loups»), lui qui fit les beaux jours d’INSPECTEUR GADGET, de BATMAN FOR EVER et de STAR TREK…

Daniel Grivel