Héros sans papiers

Affiche Héros sans papiers
Réalisé par Peter Luisi
Titre original Schweizer Helden
Pays de production Suisse
Année 2014
Durée
Genre Comédie
Distributeur frenetic
Acteurs Esther Gemsch, Karim Rahoma, Komi Mizrajim Togbonou, Klaus Wildbolz, Newroz Baz
Age légal 8 ans
Age suggéré 12 ans
N° cinéfeuilles 719

Critique

Sabine (Esther Gemsch) vient de divorcer et se retrouve seule à la veille de Noël. Femme au foyer, sans formation, elle peine à gagner la confiance des uns et des autres, lorsqu’elle entend que le centre pour requérants d’asile n’a plus d’animateur. Elle se fait alors embaucher comme bénévole et se lance dans la mise en scène d’une pièce de théâtre, avec des acteurs improvisés qui parlent à peine la langue. Les remises en questions se mêlent aux difficultés. Sabine comprend que, plus qu’aider des étrangers solitaires, c’est l’estime des autres et d’elle-même qu’elle recherche.
Le film brille par un choix d’acteurs impeccable. Ceux qui jouent les requérants, tous professionnels du théâtre, composent des personnages plus vrais que nature. La comédie de Peter Luisi, est nuancée et drôle; on ne lui en veut pas de fonctionner selon le schéma convenu du plus faible qui gagne. Car, plutôt que sa fin relativement heureuse, ce qui est intéressant est la façon dont elle évolue: l’adaptation d’un idéal à la réalité, les diverses manières dont les habitants du centre vivent un projet qu’on leur met sur le dos, les substituts qui corrigent peu à peu le surcroît de candeur de Sabine...
Il est piquant de voir les étrangers s’investir dans le rôle du héros national. Tout aussi amusant de voir, dans l’entourage de Sabine,  les réserves quant au choix de la pièce: Quoi? le Guillaume Tell de Schiller? En fin de compte, le film montre que la différence n’est pas bien grande entre les Waldstätten opprimés du XIIIe siècle et les victimes des conflits d’aujourd’hui.
Quant au personnage de Sabine, il est à l’image du citoyen isolé dans ses bons sentiments, pour qui l’aide s’organise avant tout selon son point de vue. Il démontre au public que les réalités de l’asile lui sont méconnues… Lequel public se demande qui les comprend vraiment…

Geneviève Praplan

Appréciations

Nom Notes
Geneviève Praplan 12