Mon fils

Affiche Mon fils
Réalisé par Eran Riklis
Titre original Dancing Arabs
Pays de production Israël
Année 2014
Durée
Musique Yonatan Riklis
Genre Drame
Distributeur filmcoopi
Acteurs Yaël Abecassis, Ali Suliman, Michael Moshonov, Tawfeek Barhom, Danielle Kitzis
Age légal 10 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 718
Bande annonce (Allociné)

Critique

«L’identité n’est pas un héritage, elle est notre contribution»: ainsi commence le film, suivi d’une statistique, 20% des citoyens israéliens sont des Arabes. On en parle rarement. Leur quotidien, pourtant, bute sans cesse contre les moqueries, les tracasseries, les discriminations. L’écrivain arabe Sayed Kashua dit avoir quitté Israël pour s’installer aux Etats-Unis, parce qu’il pressentait ne pas réussir à changer les mentalités. Deux de ses livres (La deuxième personne, 2002 et Les Arabes dansent aussi, 2003) inspirent le film de l’Israélien juif Eran Riklis (Les citronniers, 2008).
L’histoire se passe entre 1982 et 1995, dans une ville arabe israélienne. Iyad (Razi Gabarenn) est un petit garçon intelligent et sensible; il parle peu, observe et s’imprègne des souvenirs de sa grand-mère. Devenu grand (Tawfeek Barhom), il part étudier dans le meilleur collège de Jérusalem où il se révèle être le premier et seul Arabe admis. Il s’y fait deux amis juifs, Noemi (Danielle Kitsis) dont il tombe amoureux et Yonatan (Michael Moshonov), atteint d’une grave maladie handicapante, qui le présente à sa mère Edna (Yaël Abecassis).

Dans une région aussi marquée par la guerre, l’identité est une valeur fondamentale qui doit constamment s’affirmer face à une altérité hostile. Eran Riklis traite cette problématique avec d’infinies nuances, mais ne la peint pas en rose. «Israël est  un pays complexe qui réunit des points de vue, des idées et des comportements très différents, rappelle-t-il. Ce film révèle la ségrégation quotidienne dont sont victimes les populations arabophones. Même quand on croit bien faire.» En collaboration avec Sayed Kashua, ii met en scène des personnages forts,  jamais caricaturaux.

La guerre de Liban en 1982, puis celle du Golfe en 1991, sont  en arrière-plan et les protagonistes vivent dans une relative tranquillité en commentant les événements. Mais entre Juifs et Arabes, on oublie vite la similitude du passeport au profit d’une incessante agressivité. Par son intelligence, Iyad sait remettre les idées en place et faire réfléchir. Pourtant, il doit quand même payer le prix de son origine, comme si lui revenait la faute d’être né du mauvais côté.

Geneviève Praplan

Appréciations

Nom Notes
Geneviève Praplan 15
Daniel Grivel 15
Nadia Roch 14
Antoine Rochat 18
Anne-Béatrice Schwab 12