Bande de filles

Affiche Bande de filles
Réalisé par Céline Sciamma
Pays de production France
Année 2014
Durée
Musique Jean-Baptiste de Laubier
Genre Drame
Distributeur agorafilms
Acteurs Karidja Touré, Assa Sylla, Lindsay Karamoh, Mariétou Touré, Idrissa Diabaté
Age légal 14 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 711
Bande annonce

Critique

 «Le désir premier, explique Céline Sciamma, ce sont les personnages, ces filles que je croise en bandes bruyantes, vivantes, dansantes. Au-delà de cette énergie séduisante, il y a, dans ces personnages, la construction du féminin avec ses pressions et ses interdits, l’affirmation des désirs.»

Marieme (Karidja Touré) vit dans un quartier d’immigrés africains. De sa famille, on ne voit que le grand frère, qui la bride tout en se livrant à de petits trafics, et les deux jeunes sœurs, encore candides. Pas de père, une mère qui fait des ménages et ne s’exprime pas. Marieme vient de rater son année scolaire et ne pourra pas continuer ses études. Perdue au début de l’été, elle se résigne à suivre des filles qui traînent. Est-ce vraiment la jeunesse qu’elle souhaite vivre?

Céline Sciamma consacre son cinéma à l’émancipation, à l’identité, questions qui touchent les femmes, en particulier  celles des sociétés non occidentales. Ce sont des thèmes passionnants qu’elle explore bien, avec une Karidja Touré au jeu sensible. On comprend bien la vacuité des protagonistes et certaines séquences trop longues, fatiguent par leur ressassement. Mais les images et le scénario démontrent à quel point, dans les quartiers réservés aux immigrants, l’horizon est bouché.

L’école intéresse peu, où n’est pas assez attentive aux besoins des jeunes qui peinent. Tandis que dans les cours d’immeubles le pouvoir de séduction des paillettes est immédiat. Personne n’émerge, l’unique stimulation est fournie par la mode, la consommation, l’affirmation de la personnalité passe par le paraître. Il faut être solide pour trouver la voie de sa personnalité entre celle de la femme abrutie au cœur du trio ménage-famille-travail et celle d’une vie futile, financée par le vol ou la prostitution.

Une fois encore la démonstration est faite que la mise en ghetto des immigrés n’est pas une solution. Les sociétés contemporaines qui parlent beaucoup d’intégration ne semblent pourtant pas encore prêtes à mélanger leurs différentes communautés en des quartiers où riches et pauvres, natifs et étrangers échangeraient  avec leur cœur et leur intelligence, plutôt qu’à partir de modèles construits sur les préjugés.

Geneviève Praplan

Appréciations

Nom Notes
Geneviève Praplan 12
Georges Blanc 11
Daniel Grivel 13