La voie de l'ennemi

Affiche La voie de l'ennemi
Réalisé par Rachid Bouchareb
Titre original Two Men in Town
Pays de production France
Année 2014
Durée
Musique Eric Neveux
Genre Drame
Distributeur pathefilms
Acteurs Brenda Blethyn, Luis Guzman, Harvey Keitel, Forest Whitaker, Dolores Heredia
Age légal 12 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 701
Bande annonce

Critique

Rachid Bouchareb, Algérien réalisateur d'Indigènes (2006) et producteur de nombreux excellents films, propose ici une relecture réussie de Deux hommes dans la ville, film de José Giovanni (1973), qui mettait aux prises Alain Delon dans le rôle d'un détenu en libération conditionnelle et Jean Gabin en flic chargé de sa réinsertion.
Ici, l'histoire se déroule au Nouveau-Mexique. William Garnett (Forest Whitaker) a purgé une peine de 18 ans de prison - soit la moitié de sa vie - pour avoir tué un shérif adjoint; il a été un détenu modèle et s'est converti à l'islam. De retour dans la petite ville de Deming, il est pris en charge par Emily Smith (Brenda Blethyn), agent de probation des libérations conditionnelles qui, sans pathos et avec rigueur, entreprend de tout faire pour sa resocialisation. Le hic, c'est que le shérif Bill Agati (Harvey Keitel), dont il a tué l'adjoint, est toujours en fonction et le harcèle dans le but de le faire tomber.
Le récit se déroule avec une certaine lenteur, à l'image des immenses espaces désertiques dont le réalisateur sait jouer avec bonheur, et le polar à la française prend des couleurs de western. Tous les acteurs, jusque dans les rôles secondaires, sont excellents, avec une mention particulière à Forest Whitaker, remarquable en homme déchiré entre les pulsions qu'il tente de maîtriser et son désir de refaire sa vie, et à Harvey Keitel en représentant de l'ordre à la fois impitoyable et sensible, sans oublier Brenda Blethyn, sévère mais juste. Parmi les scénaristes, Yasmina Khadra, et au nombre des dialoguistes Daniel Boulanger, excusez du peu... La voie de l'ennemi est un film puissant et prenant, un drame sans concessions. On n'en ressort pas indemne.

Daniel Grivel

Appréciations

Nom Notes
Daniel Grivel 18