Diplomatie

Affiche Diplomatie
Réalisé par Volker Schlöndorff
Pays de production France, Allemagne
Année 2013
Durée
Musique Jörg Lemberg
Genre Historique, Drame
Distributeur jmhdistributions
Acteurs André Dussollier, Charlie Nelson, Niels Arestrup, Burghart Klaußner, Robert Stadlober
Age légal 10 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 698
Bande annonce

Critique

Rappel de quelques événements: le 1er août 1944, une division blindée débarque en Normandie et, quinze jours plus tard, une armée franco-américaine fait de même en Provence. Paris est menacé: le sort de la capitale est entre les  mains du Général Dietrich von Choltitz, gouverneur de la ville, qui se prépare, sur l'ordre d'Hitler, à détruire la cité. Tout est prêt: les ponts sur la Seine et les principaux monuments de Paris sont minés. C'est alors qu'intervient Raoul Nordling, consul de Suède: usant de toute sa diplomatie, il va tenter de convaincre le général de ne pas mettre à exécution l'ordre du Führer.
Diplomatie n'est pas un film historique, pas plus qu'un film de guerre. La part de fiction est très grande: il n'y a jamais eu de rencontre entre le général allemand et le consul de Suède durant la nuit du 24 au 25 août, comme le montre le film. On sait en revanche que, quelques jours plus tôt, Nordling avait négocié la restitution de prisonniers allemands en échange d'un engagement de non-bombardement de la Préfecture de Paris. Les deux hommes se sont donc rencontrés à ce moment-là, mais que se sont-ils dit? C'est à cet échange de propos que s'est intéressé Volker Schlöndorff, en essayant de se mettre à la place d'un homme (Nordling) qui tente de convaincre un haut responsable militaire de refuser l'ordre de son supérieur.
Adaptation d'une pièce de théâtre (de Cyril Gely), Diplomatie donne la priorité au dialogue et garde une composante «théâtre filmé» importante. Les deux acteurs, Niels Arestrup et André Dussolier, déjà protagonistes sur scène, ont repris leurs rôles devant la caméra avec beaucoup de talent et de sensibilité. Niels Arestrup habite littéralement son personnage de von Choltitz, et André Dussolier endosse le rôle du consul, personnage complexe qui joue sur plusieurs niveaux, humaniste maniant persuasion et diplomatie et s'efforçant de solliciter la conscience de son interlocuteur, allant jusqu'à mettre dans la balance l'avenir même de la propre famille du général allemand: Nordling promet en effet de la transférer en lieu sûr si l'ordre de destruction hitlérien est annulé, quitte à flirter «in fine» avec une forme moins élégante de lâcheté... Toute cette négociation se déroule dans le huis clos d'un hôtel cossu, entre tension et silences, affrontement et non-dits.
Le film démarre sur une séquence d'archives de la destruction de Varsovie accompagnée de la 7e de Beethoven... Le ton est donné d'emblée, mais les images de guerre (extraites de documentaires sur l'Occupation de Paris, ou reconstituées par le cinéaste) n'interféreront qu'incidemment dans les propos échangés par les deux hommes. Film classique dans sa texture, Diplomatie se présente comme une subtile et étonnante partie d'échecs entre deux hommes, sur fond de décor parisien (nuit, éclairages, sonorités et silences) particulièrement réussi.

Homo Faber (1991) a été le dernier film de Volker Schlöndorff distribué en Suisse, alors même que le cinéaste - 75 ans aujourd'hui - en a tourné neuf depuis. On a encore en mémoire les titres de plusieurs de ses premiers longs métrages, comme L'Honneur perdu de Katharina Blum (1975) ou Le Tambour (1979), qui ont fait de lui un cinéaste de réputation mondiale.

Antoine Rochat

Appréciations

Nom Notes
Antoine Rochat 16
Geneviève Praplan 12
Philippe Thonney 18
Antoine Rochat 16
Daniel Grivel 12
Anne-Béatrice Schwab 15
Serge Molla 15