Mary, Queen of Scots

Affiche Mary, Queen of Scots
Réalisé par Thomas Imbach
Pays de production Suisse, France
Année 2013
Durée
Genre biopic
Distributeur pathefilms
Acteurs Sean Biggerstaff, Camille Rutherford, Aneurin Barnard
Age légal 12 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 694

Critique


Dans une approche originale et inventive, le réalisateur suisse Thomas Imbach a adopté une démarche résolument intimiste pour cerner le personnage de Marie Stuart, son épaisseur et la complexité de cette reine des Ecossais, valeureuse et non conformiste.
Nous avons tous appris l’histoire de cette petite fille, déjà reine d’Ecosse à peine née, envoyée en France à 5 ans pour épouser le dauphin à 15 ans et devenir reine de France durant un an, car aussitôt veuve, pendant que sa cousine devient Elisabeth Ière reine d’Angleterre; rentrée en Ecosse à 18 ans, elle se remarie avec un intrigant anglais qui lui donne un fils (le futur Jacques VI, lui, accomplira le projet politique de sa mère!) et qui meurt deux ans plus tard; elle se remarie avec un noble écossais qu’elle aime passionnément, mais qu’elle devra chasser sous la pression des siens. Rejetée, sans couronne, elle trouve refuge chez sa cousine Elisabeth qui la fait enfermer pendant 19 ans dans ses appartements avant de la condamner à l’échafaud.
Si ce canevas tisse la trame historique de ce destin en forme de tragédie grecque, c’est la vie intérieure de Marie Stuart, la densité psychologique de cette femme hors norme et «moderne» qui fondent le film et le propos de Thomas Imbach. Il s’inspire très largement de la biographie de Stefan Zweig publiée en 1935: «Marie Stuart fait partie de ces femmes dont la réelle capacité de vie est limitée à un laps de temps très court, qui ne vivent pas pleinement leur existence tout au long de la vie, mais dans l’espace étroit et brûlant d’une passion unique.»
Et c’est dans cet «espace étroit et brûlant d’une passion unique» qu’Imbach nous emmène. Marie est constamment présente à l’écran, avec de longs plans-séquences, pour dire ses émotions, ses cauchemars, mais aussi sa pugnacité et son courage. Entourée d’hommes qui cherchent à la brider, elle veut rester maîtresse de ses choix et de son destin et défendra toujours le principe de tolérance face aux extrémistes religieux. Elle rêve de réunir les deux couronnes d’Angleterre et d’Ecosse, les protestants et les catholiques, sa cousine Elisabeth et elle-même. Elle se sent investie d’une mission de droit divin. Idéaliste et peut-être naïve, elle n’a pas le sens du compromis et de la négociation, ignorant les dangers qui la menacent.
En contrepoint à la présence physique de Marie, il y a la nature, sauvage et âpre, avec quelques scènes de paysages et châteaux tournées en Ecosse par Imbach seul et sans équipe. La plupart des autres scènes ont été tournées en lumière naturelle au château de Chillon, à Romainmôtier, à Saint-Ursanne ou sur le Léman. Avec une grande économie de moyens, il a limité les reconstitutions historiques et les personnages, tous incarnés par d’excellents acteurs portés par un scénario qui va à l’essentiel.

Anne-Béatrice Schwab

Appréciations

Nom Notes
Anne-Béatrice Schwab 18
Georges Blanc 14
Daniel Grivel 14
Nadia Roch 14