Fonzy

Réalisé par Isabelle Doval
Pays de production France
Année 2013
Durée
Musique André Manoukian
Genre Comédie
Distributeur frenetic
Acteurs José Garcia, Lucien Jean-Baptiste, Audrey Fleurot, Gérard Hernandez, Laurent Mouton
Age légal 12 ans
Age suggéré 12 ans
N° cinéfeuilles 691
Bande annonce (Allociné)

Critique

«Fonzy», c’est le pseudonyme sous lequel Diego Costa (José Garcia) a fourni à maintes reprises, il y a vingt ans, du sperme à une clinique privée, dans le cadre d’un protocole de recherche. Aujourd’hui, il est livreur dans la poissonnerie familiale et mène une vie agitée. Lorsque sa compagne Elsa (Audrey Fleurot) lui apprend qu’elle est enceinte, tout son passé va ressurgir: un homme de loi lui apprend en effet qu’il est le géniteur de 533 enfants dont 142 souhaitent savoir qui est leur père. A 42 ans, il devient ainsi la cible d’une action collective en justice menée par une ribambelle de jeunes à la
recherche de leurs origines.
Un synopsis pour le moins particulier, et qui n’a pas tout pour rassurer… Et la présence de José Garcia – dont la carte de visite est avant tout celle d’un amuseur – non plus… Or Fonzy surprend plutôt en bien: le film de la réalisatrice Isabelle Doval est une comédie agréable. On se surprend même à découvrir une petite ébauche
sympathique de réflexion sur la vie, sur la paternité et sa recherche, sur le difficile métier de parents.
Remake du film canadien Starbuck (Ken Scott, 2012), le film ne se perd heureusement pas dans les multiples pistes qui auraient pu s’ouvrir à lui (le dossier des avocats du «collectif»était lourd de 142 noms…). Les quelques rencontres personnelles que Diego choisira de faire, conçues comme des sketches, lui permettront de croiser - parmi d’autres - une révoltée, un «gothique», un footballeur, un handicapé… A la fois conscient de son rôle passé de géniteur et curieux de découvrir sa descendance, le voilà lancé dans une aventure qui va le transformer radicalement. Troublé, puis ému par ces enfants IAD (nés d’une insémination
artificielle avec donneur), Diego va d’abord essayer de rester dans l’anonymat. Défendu par son pote avocat Lucien (Jean Baptiste), l’entreprise s’avérera difficile. Sa trajectoire sera à la fois drôle et émouvante: peu préparé à affronter pareille situation, il s’efforcera de gérer le chaos tout en faisant preuve d’un grand cœur
et de beaucoup de générosité. En s’ouvrant aux autres, en se voulant leur ange gardien, il prendra peu à peu de la bouteille.

Il y a d'autrtes surprises dans ce film étrange qui fait appel à plusieurs genres cinématographiques différents –  un mélange qui n’est pas toujours heureux. Il y a aussi quelques développements accessoires superflus (Diego a des dettes, il est poursuivi par des dealers chinois inconnus, etc.). Fonzy alterne moments de tension et séquences de détente (parfois un peu artificielles), et la musique, sensible, sait rester discrète. L’ensemble se tient, malgré quelques quiproquos invraisemblables et plusieurs situations à la limite de l’absurde.
José Garcia (bien dirigé par sa femme, réalisatrice du film), Audrey Fleurot (une Elsa énergique et tendre, un peu psychorigide parfois) et Jean Baptiste (Lucien, l’avocat un peu désemparé, divorcé avec trois enfants) sont excellents. Bref, une fantaisie teintée de mélancolie, une sorte de feel good movie à la française.

Antoine Rochat

Appréciations

Nom Notes
Antoine Rochat 13
Daniel Grivel 11