Vie moderne (La)

Affiche Vie moderne (La)
Réalisé par Laurence Ferreira Barbosa
Pays de production Suisse, France
Année 1999
Durée
Musique Faton Cahen
Genre Comédie dramatique
Distributeur Gémini Films
Acteurs Isabelle Huppert, Robert Kramer, Frédéric Pierrot, Lolita Chammah, Juliette Andrea
Age légal 7 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 389
Bande annonce

Critique

Une jeune fille, Marguerite, un homme divorcé, Jacques, et une femme mariée, Claire. Trois histoires sans lien entre elles, trois personnages dont un seul est moderne (Claire), tandis que les deux autres paraissent justement incapables de se conformer à la vie moderne, de l'assimiler, de l'adopter. Marguerite (très excellente Lolita Chammah) est une lycéenne très croyante et pieuse, ne peut se faire d'amie, vit avec un frère situé aux antipodes de sa sensibilité, et un père que l'on suppose veuf, attaché à maintenir une vie familiale fon­dée sur l'autorité paternelle.

Jacques (Frédéric Pierrot, très bon aussi) vit mal son divorce et souffre de l'éloignement de sa fille qui ne veut plus le voir. A la suite d'un quiproquo, il se retrouve dans les habits d'un détective privé, et un peu dans une vie irréelle, armé de sa seule sincérité.

Claire (Isabelle Huppert) est mariée mais ne peut avoir d'enfant. Son mode de vie est le plus proche de ce que l'on peut comprendre par «vie moderne».

Dès les premières scènes, on pressent qu'un petit miracle cinématographique va se produire. Le personnage de Marguerite est tellement à contre-courant, le style de vie imposé par le père tellement désuet, anachronique, que l'on est immédiatement séduit. Le personnage de Claire est introduit par une scène de ménage qui fait l'effet d'une douche froide. Excellent pour sortir de sa torpeur. Quant à Jacques, son côté dépassé, déprimé, son appartement de célibataire abandonné, indiquent im­manquablement l'oiseau rare, invitent spontanément à la curiosité.

Ce film est rafraîchissant, et nous oblige à examiner nos réactions face, par exemple, à la piété de Marguerite dont on peut sourire. Mais justement ce sourire ne serait-il pas le signe que la vie moderne nous propose des idées toutes faites sur la religion? Dommage peut-être, pour le film, que l'histoire respective de ces trois êtres ne se croise que dans une rame de métro, sans qu'aucun d'eux n'en sache rien.

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