Paradis: Foi

Affiche Paradis: Foi
Réalisé par Ulrich Seidl
Titre original Paradies: Glaube
Pays de production France, Autriche, Allemagne
Année 2012
Durée
Genre Drame
Distributeur praesensfilm
Acteurs Maria Hofstätter, Natalya Baranova, René Rupnik, Daniel Hoesl, Dieter Masur
Age légal 16 ans
Age suggéré 18 ans
N° cinéfeuilles 685
Bande annonce

Critique

 

Après Amour, voici Foi, le deuxième volet de la trilogie Paradis, du scénariste et réalisateur autrichien Ulrich Seidl. Un film qui nous confirme que, décidément, cet homme n’a pas froid aux yeux.

Foi nous conte l’histoire d’Anna Maria (Maria Hofstätter), une femme qui consacre tout son temps libre à Dieu. Avec sa statue de la Vierge Marie, elle frappe à toutes les portes pour convertir ses semblables. Elle ne vit, ne dort, ne pense et n’agit que pour sa mission et sa totale dévotion, allant même jusqu’au fouet et au cilice. Mais lorsque son mari, musulman et handicapé, revient à la maison (d’où vient-il? combien de temps est-il parti? que lui est-il arrivé? On l’ignore…), sa foi intolérante se heurte aux réalités des concepts du partage et de la générosité.

Rien de paradisiaque dans cette foi-là. Joué par une actrice absolument extraordinaire, ce personnage de bigote fait pitié à voir. Malgré son amour pour Dieu, ou peut-être à cause de lui, Anna Maria est à l’opposé de la sérénité et du bonheur. La vie de cette femme n’est finalement que souffrance, frustrations, solitude et extrême dureté. Pour bien nous le faire comprendre, Seidl met son héroïne face à des situations parfois cocasses, parfois sordides, dans lesquelles la crudité est filmée en gros plans et sans concessions. De la violence aussi, comme dans cette extraordinaire dernière scène où Anna Maria se retrouve face à une jeune alcoolique dans son appartement, et que cela dégénère. Ou dans ses rapports avec son mari. Cette femme de Dieu est filmée en gros plan alors qu’elle est confrontée à la luxure et à la déchéance, mais aussi à la faiblesse, et à ses propres fantasmes. Et qu’elle ne peut, malgré tous ses efforts, rien y faire.

Un film très rugueux, soigné, dont on sort secoué, même si on ne comprend pas toujours très bien où veut en venir le réalisateur.

 Philippe Thonney (CF 685)


 Voici le second volet d’une trilogie consacrée au « paradis ». Ce film explore ce que signifie « porter sa croix » au travers du personnage de Anna-Maria, femme d’une cinquantaine d’année, séparée de son mari musulman,  qui consacre tout son temps et son énergie à sa dévotion au Christ et à la Vierge. Un visage du catholicisme intégriste, qui confond foi et refus du corps et des émotions qui pourraient l’impliquer, autrement dit qui oppose la foi et la vie déploie ici le sens de l’expression biblique.

Anna-Maria consacre ses  vacances va à effectuer du porte-à-porte pour permettre à la Vierge (dont elle trimballe une statue) de visiter tout à chacun dans quelques immeubles viennois. Mais, lorsqu’un jour son mari hémiplégique est de retour, comment sa foi évoluera-t-elle ? S’affermira-t-elle, s’ouvrira-t-elle ou assistera-t-on au contraire à l’affrontement de deux êtres blessés par l’existence, mais incapables de renouer avec l’amour ? Ulrich Seidl poursuit son travail d’entomologiste dont le regard est attentif au moindre détail. Paroles, gestes, objets, silences, décors, météo, ordre, chaos, rien ne lui échappe, mais son extrême attention ne porte pas de jugement sur les êtres et leur devenir incertain.

Au final, il se dégage de ce film une immense tristesse analogue à celle le premier volet de la trilogie, Paradis : Amour, consacré à la quête amoureuse désespérée de la sœur d’Anna-Maria en vacances en Afrique. Autant dire que le mot « paradis » paraît bien déconnecté d’une réalité désespérante dans laquelle des êtres semblent englués. Et ni l’amour ni la foi, lorsqu’ils sont dénués de liberté, ne seront capables de les en sortir.

Cefilm a obtenu le Prix du Jury à La Mostra de Venise en 2012 où il figurait en compétition.

Serge Molla (CF 665)

 

 


 

 

Daniel Grivel

Appréciations

Nom Notes
Philippe Thonney 15
Daniel Grivel 16
Serge Molla 15
Antoine Rochat 17
Georges Blanc 16