Réalisé par | Yesim Ustaoglu |
Titre original | Somewhere in Between |
Pays de production | Turquie, Allemagne |
Année | 2012 |
Durée | |
Genre | Drame |
Distributeur | trigonfilm |
Acteurs | Neslihan Atagül, Özcan Deniz, Nihal Yalç?n, Yasemin Conka, Ilgaz Kocatürk |
Age légal | 16 ans |
Age suggéré | 16 ans |
N° cinéfeuilles | 683 |
C’est une histoire ordinaire. Mais la cinéaste turque en tire une résonance universelle en situant son film dans un entre-deux – le titre anglais est Somewhere in Between – où se mêlent la résignation et l’espoir. «Araf» signifie purgatoire. Zehra (Neslihan Atagül) et Olgun (Bar?? Hac?han) ont vraiment l’impression de s’y trouver. A 18 ans, employés d’un relais routier, ils nourrissent des rêves d’évasion qui tardent à se concrétiser. Amoureux de Zehar, Olgun espère faire fortune avec les jeux télévisés. Mais la jeune fille ne songe qu’à partir. Aussi, lorsque Mahur (Özcan Deniz), un routier familier du restaurant, s’intéresse à elle, elle pense avoir rencontré l’homme qui l’aidera à fuir sa vie sans futur. Yesim Ustaoglu illustre l’entre-deux de plusieurs façons. Il y a celui des deux jeunes gens, pas encore des adultes, plus tout à fait des enfants. Il y a le relais routier, installé en bordure d’une autoroute, un lieu de passage. Il y a la petite ville où vivent les protagonistes, qui fut «l’une des avant-gardes de la Turquie moderne avec ses aciéries», selon la réalisatrice; aujourd’hui, Katabürk est largement dépassée par la modernité et ressemble plus à un gros village oublié par le progrès. Il y a enfin, surtout, les traditions qui peinent à s’ouvrir, une morale étroite qui emprisonne la jeunesse.
La cinéaste dépeint cet univers avec une grande douceur et beaucoup de tendresse pour ses personnages. Elle les montre perdus dans une existence qu’ils n’ont pas souhaitée, en attente d’autre chose. Leurs tentatives pour en sortir éclaire les longs jours de neige et de pluie, l’atmosphère mélancolique dans laquelle ils refusent d’être enfermés. C’est leurs espoirs fous qui donnent un sens au film… cette conscience qu’ils ont de leur vie perdue s’ils ne font rien et le courage du risque pris, envers et contre tout.
Geneviève Praplan
Nom | Notes |
---|---|
Geneviève Praplan | 15 |
Georges Blanc | 15 |
Anne-Béatrice Schwab | 16 |