Après la nuit

Affiche Après la nuit
Réalisé par Basil Da Cunha
Titre original Até ver a luz
Pays de production Suisse
Année 2013
Durée
Genre Drame
Distributeur filmcoopi
Acteurs Pedro Ferreira, Joao Veiga, Nelson da Cruz Duarte Rodrigues, Paulo Ribeiro
Age légal 16 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 681
Bande annonce

Critique

Reboleira: le bidonville capverdien de Lisbonne est un îlot de pauvreté, de délinquance, de trafics variés. Sombra (Pedro Ferreira), rasta et dealer, est sorti de prison. Lunatique et marginal, il mène une vie de vampire... Le jour, il se calfeutre chez lui, tous stores baissés, parlant à son «dragon», un iguane qu'il ne lâche pas; la nuit, il glande, essaie de gratter de l'argent pour payer une dette, est en butte au harcèlement d'une petite bande de jeunes malfrats menée par un chef hargneux; il dialogue avec un autre glandeur «philosophe» qui débite des aphorismes sentencieux... Sa tante est persuadée qu'il est ensorcelé et tient à ce qu'il se fasse exorciser par un ministre du culte vaudou. En portugais, «sombra» signifie ombre; ce mot déteint sur l'image, le plus souvent crépusculaire.

Dans son premier long métrage (film de diplôme bachelor à la Haute Ecole d'art et de design de Genève), qui tient à la fois du polar et du documentaire, le jeune réalisateur lusitano-suisse Basil Da Cunha a planté sa caméra au milieu d'un environnement et d'une faune glauques, parmi de jeunes Capverdiens partageant leur temps entre des rave parties, des matches de futebol télévisés, du deal et des coups plus ou moins foireux.

Les acteurs, très naturels, ne disposaient que d'intentions de jeu et de quelques répliques à placer. Ecoutons le cinéaste: «J'ai l'espoir de voir des choses se passer devant la caméra. (...) Le tournage (...), c'est le temps de la recherche et du danger, car bien qu'on ait l'espoir d'arriver quelque part, on ne sait jamais bien comment.» Tout est dit. Sauf à déployer un vif intérêt ethnologique pour une bande de pieds nickelés africains, on attend en effet souvent que quelque chose advienne, comme disait l'un des pigeons de La Fontaine...

Daniel Grivel


Présence exceptionnelle de la production cinématographique suisse à Cannes cette année 2013, où deux longs métrages étaient en compétition à la Quinzaine des Réalisateurs. L'ESCALE, documentaire-témoignage consacré aux clandestins se retrouvant à Athènes, ainsi que Après la nuit, film dans lequel le Suisse d'origine portugaise Basil da Cunha s'immerge au sein d'une communauté ultra-marginale de Cap-Verdiens dans un ghetto de Lisbonne. Ces deux films ont en commun de camper aux côtés de ces démunis formant l'énorme majorité de notre humanité, qu'ils se trouvent dans des pays riches ou pauvres.
«Bien que le scénario de ce film existe, nous avons pensé qu'il fallait envisager le tournage comme un espace de recherche, un jeu dans lequel nous évoluons tous avec une grande liberté. Ainsi, le récit se réécrit à mesure que nous filmons.» Ces propos du réalisateur expliquent pourquoi il est quasi impossible de donner le synopsis de cette oeuvre. Tout au plus dirons-nous que nous suivons les déambulations de Sombra qui, tout juste sorti de prison, reprend sa vie de dealer dans le bidonville créole de Lisbonne.

Mais ce pseudo-scénario s'écrivant au fil du tournage et des événements souligne avant tout les limites d'une telle expérience. Tout en clairs-obscurs et en dialogues ressassés, ce film n'offre aucun intérêt et ne débouche que sur nos frustrations ainsi que celles des associations culturelles de chez nous qui ont investi dans le financement.

Georges Blanc

Georges Blanc

Appréciations

Nom Notes
Daniel Grivel 11
Georges Blanc 4
Geneviève Praplan 9
Nadia Roch 11
Antoine Rochat 10
Anne-Béatrice Schwab 6