La grande bellezza

Affiche La grande bellezza
Réalisé par Paolo Sorrentino
Titre original La grande bellezza
Pays de production Italie, France
Année 2013
Durée
Musique Lele Marchitelli
Genre Comédie, Drame
Distributeur pathefilms
Acteurs Toni Servillo, Carlo Buccirosso, Carlo Verdone, Sabrina Ferilli, Iaia Forte
Age légal 14 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 681
Bande annonce

Critique

 

Luxe, vanité, vacuité, inutilité signifient la même chose: vide. Jep Gambardella, écrivain d’un seul livre, journaliste à succès, est le roi des mondanités romaines. Voilà pourquoi il demande volontiers à son entourage pourquoi Flaubert n’a jamais écrit ce livre qu’il voulait consacrer au néant. Mais Jep a l’intelligence de savoir s’observer lui-même autant que ses semblables. Il promène son cynisme et son élégance de soirée en soirée, se couche quand les gens heureux se lèvent et, donc, n’a pas eu le temps, alors qu’il fête son soixante-cinquième anniversaire, de se mettre à son deuxième roman. Autour de lui, Rome éclate de grandeur et de beauté, sa puissance esthétique écrase ceux qui nourrissent des velléités artistiques.

Paolo Sorrentino avait envie de parler de Rome, «ville merveilleuse, apaisante et, en même temps, pleine de dangers impalpables», ainsi qu’il nomme «les aventures mentales qui ne mènent nulle part». Jep, son personnage central, cherche à démontrer l’interaction entre la pérennité de la capitale et la frivolité dans laquelle il baigne, lui dont l’appartement donne sur le Colisée. Son cynisme harponne en vain son entourage, mondains noyés dans leurs artifices, poursuiveurs désenchantés d’une raison d’être, riches et malheureux, obsédés par le vieillissement qui détruit le paraître. 

«Le plaisir s’est réduit à une mécanique  qui contredit, par nature, le principe du plaisir», indique Sorrentino, qui sait ce qu’il doit ici à des chefs-d’œuvre comme La dolce vita de Fellini. La beauté des images qu’il consacre à la Ville éternelle ne font qu’ajouter au mal-être que Jep et les autres paient à la futilité de leur existence. Même si quelques clins d’œil - de plus en plus fréquents à la fin du film – montrent qu’il n’est pas interdit de changer de vie. Car ce tourbillon dérisoire n’est au fond que la démonstration en creux d’un humanisme nécessaire.

 

Geneviève Praplan

Appréciations

Nom Notes
Daniel Grivel 17
Georges Blanc 10
Geneviève Praplan 15
Antoine Rochat 15
Anne-Béatrice Schwab 18