La religieuse

Affiche La religieuse
Réalisé par Guillaume Nicloux
Pays de production France, Allemagne, Belgique
Année 2012
Durée
Musique Max Richter
Genre Drame
Distributeur frenetic
Acteurs Isabelle Huppert, Martina Gedeck, Louise Bourgoin, Pauline Etienne, Françoise Lebrun
Age légal 16 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 677
Bande annonce

Critique

Au XVIIIe siècle, on se débarrassait volontiers d’une fille en l’enfermant au couvent et en l’y emmurant vivante, pour des histoires de dot ou parce qu’elle était une enfant illégitime, donc gênante. C’est ce qui arrive à Suzanne, cloîtrée à seize ans, dont Diderot raconte l’histoire de recluse dans «La religieuse». «On était résolu à disposer de moi sans moi», fait-il dire à la jeune fille. Le livre a été adapté une première fois au cinéma par Jacques Rivette avec Anna Karina dans le rôle de la jeune cloîtrée. Guillaume Nicloux en a réalisé une nouvelle adaptation, faisant de son film une ode à la résistance d’une étonnante modernité. Sa religieuse est une rebelle qui lutte contre l’arbitraire, la barbarie et le fanatisme, résiste aux épreuves terribles qui ont pour but de la détruire et cherche inlassablement à s’affranchir des tutelles successives qu’on lui impose, pour retrouver sa liberté alors que dans le film de Rivette, elle finit par se suicider. Si son film sonne très juste, c’est qu’aujourd’hui encore dans un système toujours sexiste, on rogne volontiers les ailes des filles et on les assigne encore et toujours au rôle prétendument dédié à leur sexe. Pour camper sa jeune révoltée, le réalisateur a choisi une jeune comédienne belge, Pauline Etienne, dont la grâce, la fraîcheur et la candeur sont absolument désarmantes. Il la filme sans la moindre trace de maquillage, ce qui la rend plus vraie encore à la lumière des bougies qui éclaire tout le film. Françoise Lebrun campe la première mère supérieure à qui la jeune novice a affaire, douce et ambiguë à souhait, puis c’est Louise Bourgoin qui prend le relais en mère supérieure sadique. Enfin Isabelle Huppert est une religieuse frustrée, assoiffée d’amour, qui voudrait séduire la jeune fille. L’actrice a su avec délicatesse montrer que son personnage n’agit pas par perversité mais par attirance amoureuse. Le film est long et l’enfermement dans lequel il nous entraîne devient vite oppressant. On finit par avoir envie de faire le mur.

Appréciations

Nom Notes
13
Daniel Grivel 6