Gangster Squad

Affiche Gangster Squad
Réalisé par Ruben Fleischer
Pays de production U.S.A.
Année 2012
Durée
Musique Carter Burwell, Steve Jablonsky
Genre Action, Thriller, Drame
Distributeur Warner Bros. France
Acteurs Sean Penn, Nick Nolte, Josh Brolin, Ryan Gosling, Emma Stone
Age légal 16 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 674
Bande annonce

Critique

«Chaque homme porte une étiquette», déclare en voix off le sergent John O’Mara (Josh Brolin). Mickey Cohen (Sean Penn) en porte-t-il deux, celle de l’acteur pacifiste militant ou celle du mafieux qui, au début du film, fait écarteler puis dévorer par des chiens un rival de Chicago?...

Le film d’action ultraviolent de Ruben Fleischer met en scène un parrain (juif) faisant régner dans les années 50 la loi du talion sur Los Angeles grâce à ses sbires et à des flics et autres magistrats corrompus. Des incorruptibles feront front: John O’Mara et Jerry Wooters (Ryan Goslin), flanqués de quelques durs à cuire. John est un vétéran de l’armée, et il poursuit sa guerre contre un ennemi différent: pourra-t-il rester un héros? Bill Parker (Nick Nolte), chef de la police, ne promet à l’«escouade de gangsters» ni gloire ni médailles - l’équipe doit se contenter, hors de toute officialité, d’éliminer le roi des malfaiteurs.

GANGSTER SQUAD peut être pris pour un bon moment de divertissement, avec d’excellents acteurs, une reconstitution soignée (tous les modèles de voitures d’époque sont là), de bonnes musiques. Il pose cependant la question de la représentation de la violence et de sa banalisation (peut-on vraiment rire sans arrière-pensée à la vue d’un être humain se faisant dérouiller ou dessouder?)

Une question d’actualité - pas besoin de se référer à la tuerie, après tant d’autres, de Newtown -, lorsque l’on considère un certain nombre de films projetés ces derniers temps: DJANGO UNCHAINED, LAWLESS, KILLING THEM SOFTLY, SAVAGES... Partout, des hectolitres d’hémoglobine, des trajectoires de balles suivies au ralenti, des éclaboussures de matière cervicale. Les Etats-Unis ont vraiment un problème avec les armes à feu, que l’on peut (encore?) acheter aussi facilement que des caramels - alors qu’un mamelon de Janet Jackson a fait le buzz...

Les étals de boucherie suscitent le dégoût plutôt que la fascination. La violence suggérée est beaucoup plus efficace: attendez de voir l’excellent HITCHCOCK, qui dévoile les coulisses du tournage de PSYCHOSE - dans ce film, tout est assuré par le cadrage et le montage. Et souvenez-vous, dans LE RUBAN BLANC de Michael Haneke, la punition évoquée par une porte fermée frappe bien davantage qu’une scène explicite de flagellation.

Au bout du compte, on peut se demander si les films ultraviolents répondent à l’attente du grand public. Le verdict du box-office (palmarès en bon français...) est éloquent: INTOUCHABLES et L’ODYSSEE DE PI ont fait un tabac. Et SKYFALL, qui montre un James Bond vieillissant, faillible, en un mot humain, a beaucoup mieux marché que QUANTUM OF SOLACE. Le grand public est souvent jugé avec condescendance par les critiques; toujours est-il que, comme disait Jules Renard, s’il n’a pas toujours du goût, il a le dégoût très sûr...

Note: 13

Daniel Grivel

Appréciations

Nom Notes
Nadia Roch 15
Georges Blanc 14
Daniel Grivel 13
Geneviève Praplan 9
Anne-Béatrice Schwab 15