The We and the I

Affiche The We and the I
Réalisé par Michel Gondry
Pays de production U.S.A., Grande-Bretagne
Année 2012
Durée
Genre Comédie dramatique
Distributeur Mars Distribution
Acteurs Michael Brodie, Teresa Lynn, Lady Chen Carrasco, Raymond Delgado, Jonathan Ortiz
Age légal 16 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 670
Bande annonce

Critique

Cinéaste atypique et éclectique, Michel Gondry manie aussi bien la superproduction (GREEN HORNET, 2010) que le documentaire (L’EPINE DU CŒUR, 2009). Avec THE WE AND THE I, il tente de brosser le portrait de quelques ados du Bronx new-yorkais et amorce une réflexion sur leur mode de vie, sur leur fonctionnement social lorsqu’ils sont en groupe.

L’ultime journée d’école avant les vacances est terminée. Les élèves de dernière année d’un lycée du Bronx grimpent tous dans le bus qui les ramène à la maison. Les uns sont bruyants et exubérants, d’autres bizuteurs ou souffre-douleur, plusieurs grossiers. Ce qui frappe lorsqu’on les voit, c’est le mélange des ethnies: on ne sait plus qui est hispanique, blanc, noir ou asiatique… Durant le trajet, tout le groupe - au départ ils sont une bonne vingtaine - va évoluer, au fur et à mesure que le bus se vide. Les relations deviendront alors plus intimes, révélant les facettes cachées des personnalités.

Road movie et huis clos à la fois, le film se présente comme une sorte de docu-fiction en trois temps: les tyrans, le chaos et le «moi». La première partie est brouillonne, les propos exprimés de peu d’intérêt: règlements de comptes amoureux, commentaires grossiers, allusions sexuelles, brutalités, tout cela vole bas. Rien n’est pris au sérieux.

Michel Gondry capte cette évolution qui part du déchaînement désagréable et trivial des potaches pour s’achever - heureusement - dans des confessions emplies d’émotion de deux ou trois adolescents, dont le scénario évoque ultimement les trajectoires. Le réalisateur précise par ailleurs que celles-ci relatent plusieurs expériences personnelles de ses jeunes comédiens, tous amateurs - excellents! - avec lesquels il a travaillé pendant trois ans.

A partir du défoulement initial et débile du groupe d’élèves, on assistera au retour progressif de l’individu et de son intimité, de son âme et de ses émotions. THE WE AND THE I patauge allègrement - et trop longuement dans la première partie - dans des scènes peut-être authentiques, mais qui ne font rire que les acteurs de l’écran. Les textos s’ajoutent aux multiples photos, vidéos et autres MMS, les portables et l’imaginaire occupant le reste du terrain, et l’on peste… L’intérêt de la dernière partie en revanche est évident, le cinéaste abordant des questions plus existentielles et plus familiales, donnant la parole aux derniers passagers du bus qui trouvent un peu d’espace pour s’épanouir et instaurer entre eux un dialogue de tolérance tout chargé d’émotion. THE WE AND THE I parvient alors à une forme de sérénité, dans une peinture finale métaphorique qui se rapproche de celle de la vie et de la mort, de l’éphémère et de l’éternel…

Note: 13

Antoine Rochat

Appréciations

Nom Notes
Daniel Grivel 13
Antoine Rochat 13