Mekong Hotel

Affiche Mekong Hotel
Réalisé par Apichatpong Weerasethakul
Pays de production Thaïlande, Grande-Bretagne
Année 2012
Durée
Genre Drame, Documentaire
Distributeur cinemathequesuisse
Acteurs Apichatpong Weerasethakul, Sakda Kaewbuadee, Jenjira Pongpas
Age légal 16 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 666
Bande annonce

Critique

ONCLE BOONMEE, Palme d’Or au Festival de Cannes 2006, avait profondément divisé la critique. Si l’on s’accorde à reconnaître Apichatpong Weerasethakul comme un cinéaste d’une grande originalité, son dernier film - non linéaire, plein de souvenirs et de mystères - peine à convaincre. Avec MEKONG HOTEL, le réalisateur thaïlandais ne quitte pas le cinéma expérimental. Perdu entre fiction et documentaire, confronté à de très longues séquences statiques, le spectateur se voit contraint de se raccrocher à quelques rares dialogues, sans pouvoir reconstituer un discours sinon logique du moins recevable.

Les images du film se situent dans un hôtel construit au bord du Mékong, frontière entre la Thaïlande et le Laos. Dans les chambres et sur la terrasse, le cinéaste et son équipe semblent répéter les scènes d’un futur long métrage (intitulé EXTASY GARDEN). Sous l’œil de Joe (incarné par le réalisateur), un guitariste ne se souvient plus de la chanson qu’il a composée. Il va la retrouver pourtant, en deux temps, et elle accompagnera les deux parties du film. On croisera une mère-vampire (est-ce un «pob», fantôme thaïlandais?) et sa fille. On assistera aussi à la rencontre de deux jeunes gens amoureux, Phon et Tong. Les personnages semblent parfois se dédoubler.

MEKONG HOTEL apparaît comme un «documentaire hybride» qui tient du rêve, du surnaturel et de la réalité, ou comme un tableau du quotidien en même temps qu’un paysage mental. Au spectateur de faire ses choix. La parole n’aide guère et la musique, lancinante et répétitive, ne laisse aucune échappatoire. Le film évoque en passant l’exode des Laotiens en Thaïlande, le départ des couples thaïlando-laotiens en France, l’éducation militaire des jeunes Thaïs durant les années 70. Monotonie, nostalgie, pessimisme ambiant baignent l’entreprise. Tout cela sans fil conducteur, sans montage, sans événement marquant. Les surprises du film? C’est qu’il n’y en a guère…

Antoine Rochat

Appréciations

Nom Notes
Antoine Rochat 9
Daniel Grivel 8