Renoir

Affiche Renoir
Réalisé par Gilles Bourdos
Pays de production France
Année 2012
Durée
Musique Alexandre Desplat
Genre Drame
Distributeur Pathé Films
Acteurs Romane Bohringer, Vincent Rottiers, Michel Bouquet, Christa Théret, Thomas Doret
Age légal 10 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 659
Bande annonce

Critique

1915, à Cagnes-sur-Mer, se retrouvent dans la demeure familiale le peintre très âgé, son fils aîné Jean, blessé de guerre en convalescence, son frère cadet et Andrée, jeune femme qui sera le dernier modèle de Renoir. Sous l’œil du «patron» qui tente de rendre le vivant, la chair de la très belle rousse, Jean tombe amoureux et commence à ses côtés à rêver cinéma… La photographie est belle, lumineuse, chatoyante, mais l’ensemble dégage fort peu d’émotions et se présente comme un très riche album d’images magnifiques. Rien ne révèle, ou si peu, le génie du peintre. Est-ce dû à la froideur de Michel Bouquet qui l’incarne, à la faible expressivité de Vincent Rottiers (Jean) ou à la trop grande modernité de la pulpeuse Christa Théret (Andrée)? Est-ce en raison de la musique somme toute peu originale d’Alexandre Desplat? Peut-être. Le fait qu’à aucun moment, hormis peut-être celui où Jean dit adieu à son père alors qu’il repart au front, l’émotion n’étreint le spectateur, alors qu’en présence des toiles magistrales, elle saisit encore et toujours.

Serge Molla


Vers la fin de sa vie, Auguste Renoir se retire sur la Côte d’Azur où il installe son dernier atelier. Alors que la maladie ronge ses articulations, un nouveau modèle, Andrée, lui redonne le goût du travail. L’ambiance est à la guerre qui tonne au loin et d’où revient, blessé, le deuxième fils. Jean veut guérir et repartir au combat, mais Andrée le pousse à faire du cinéma pour satisfaire son désir de devenir actrice.

Michel Bouquet incarne magnifiquement le vieux peintre. Christa Theret dans le rôle d’Andrée et Vincent Rottiers dans celui de Jean - qui deviendra le cinéaste de LA REGLE DU JEU et de LA GRANDE ILLUSION - composent des personnages attachants.

Gilles Bourdos fait tout pour glisser dans ses plans la peinture du vrai Renoir. Œuvre d’atmosphère autant que récit, le film joue avec les remous des feuillages, les reflets de ruisseau, les mouvements d’étoffes, la dilution de la couleur... comme pour transférer à l’écran l’étrange paradoxe qui a hanté l’artiste: la rencontre entre le charnel et l’évanescence. La démarche est parfois insistante sans aboutir à la sensualité impressionniste.

Toutefois le réalisateur défend un autre propos, celui de la relation entre le fils et le père, relation complexe qui s’éclaire et se fortifie grâce au jeu du modèle. Andrée sert de catalyseur entre les deux caractères, celui entier du peintre, celui velléitaire du fils chez qui l’on perçoit à peine les germes du futur cinéaste. Là se situe l’intérêt de ce RENOIR qui pourtant ne réjouit qu’à demi. Trop monocorde dans ses charmes bucoliques, trop timoré aussi, il élude le drame intime des personnages. Celui de Jean en particulier qui, après tout, est un soldat dans la tourmente de la Grande Guerre.

Geneviève Praplan

 

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Appréciations

Nom Notes
Georges Blanc 13
Daniel Grivel 12
Serge Molla 12
Nadia Roch 12
Anne-Béatrice Schwab 12
Geneviève Praplan 12