Holy Motors

Affiche Holy Motors
Réalisé par Leos Carax
Pays de production France, Allemagne
Année 2012
Durée
Genre Drame, Fantastique
Distributeur montblanc
Acteurs Denis Lavant, Edith Scob, Eva Mendes, Elise Lhomeau, Kylie Minogue
Age légal 16 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 662
Bande annonce

Critique

Depuis POLA X (1999), le réalisateur français n’avait rien tourné, sinon un sketch pour le film collectif TOKYO (2008), repris dans HOLY MOTORS. Les sacrés moteurs, ce sont ceux des immenses limousines utilisées par de singuliers tueurs à gages, des limousines qui, on le découvrira à la fin du film, parlent comme les voitures de CARS...

Le début du film est significatif: Leos Carax en personne apparaît en somnambule ouvrant une porte dérobée qui donne sur une salle de cinéma: le spectacle va commencer! On suit alors la journée de «travail» de M. Oscar (étonnant Denis Lavant) qui, pour remplir ses missions macabres, change d’apparence à l’intérieur de son véhicule-loge piloté par Céline, élégante conductrice-secrétaire (Edith Scob). Transformiste, il revêt la peau de divers personnages: grand patron, mendiante rom, androïde, meurtrier, père de famille, vieillard à l’article de la mort... Mais qui est-il vraiment? Carax déclare que, s’il l’avait pu, il aurait confié le rôle à Michel Simon (d’où, peut-être, l’image finale de Denis Lavant entouré de deux guenons).

HOLY MOTORS est un objet filmique singulier - si singulier que le Jury l’a laissé de côté. On peut tout de même saluer l’inventivité de Carax, aux antipodes des machineries américaines (il y en a eu beaucoup au festival) trop bien huilées.


Daniel Grivel



Au dernier Festival de Cannes, deux limousines ont occupé la compétition. Celle de Cronenberg (COSMOPOLIS) portait la critique d’une vaine course à l’argent. Celle de Leos Carax évoque le même sujet lorsque Monsieur Oscar (Denis Lavant) monte à bord avec au volant, sa fidèle Céline (Edith Scob). Mais ensuite Monsieur Oscar se transforme en autant de personnages qu’il a de rendez-vous dans la journée, tandis que sa limousine hante le film par une question implicite: pourquoi roule-t-on dans de pareils engins? La dernière séquence y répond, c’est la plus drôle de ce film étrange et peu convaincant.

Monsieur Oscar voyage de vie en vie, tour à tour mendiante gitane, meurtrier, robot, père de famille... L’idée qui traverse ces maquillages est définie par le titre; le réalisateur considère la limousine comme de longs vaisseaux conduisant ses passagers vers leur mort. «Elles marquent la fin d’une époque, celle des grandes machines visibles.» Dans HOLY MOTORS, sorte de science-fiction, les hommes sont en voie d’extinction, battus par la virtualisation. «Il y a deux types de machines dans mon film, les unes visibles, ces extralongues limousines; les autres invisibles, ce sont les caméras qui enregistrent nos vies. Elles sont notre avenir.» On comprend que Carax anime son film d’intentions fortes. Alors pourquoi ses splendides images touchent-elles si peu? Le fait est que son concept est trop sophistiqué pour émouvoir. L’œuvre ressemble à un exercice de style. Les rendez-vous de Monsieur Oscar appellent presque la mention: «Veut trop bien faire.»

Geneviève Praplan

 

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Appréciations

Nom Notes
Geneviève Praplan 12
Georges Blanc 4
Daniel Grivel 12
Anne-Béatrice Schwab 2