Cogan - La mort en douce

Affiche Cogan - La mort en douce
Réalisé par Andrew Dominik
Pays de production U.S.A.
Année 2012
Durée
Genre Thriller, Policier
Distributeur Elite
Acteurs Ray Liotta, Brad Pitt, James Gandolfini, Richard Jenkins, Scoot McNairy
Age légal 16 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 670
Bande annonce

Critique

C’est la crise. Pas seulement pour «les marchés», mais pour le crime organisé. Quand des bras cassés se mettent à braquer des tripots de poker, rien ne va plus, et les caïds veulent y mettre bon ordre. C’est ainsi que des tueurs à gages sont engagés et s’engagent, même si les contrats deviennent moins juteux... L’auteur de L’ASSASSINAT DE JESSE JAMES PAR LE LÂCHE ROBERT FORD s’est inspiré par un roman de George V. Higgins, procureur pendant vingt ans et surnommé le Balzac des bas-fonds de Boston, à qui son expérience professionnelle a permis d’écrire une vingtaine de livres.

Voici donc Jackie Cogan (Brad Pitt toute Ray Ban dehors) sur le terrain, chargé d’effacer en douceur (le titre original du film est «Killing them softly») les braqueurs au petit pied et, par-dessus le marché, le patron du tripot. La tâche sera compliquée par la présence d’un autre tueur, fourbu, lubrique et alcoolique. Ça défouraille à tout va, on ne lésine pas sur l’hémoglobine, on voit une balle de pistolet traverser l’écran au ralenti comme dans MATRIX, et on se demande ce que ce film de gangsters de série B vient faire dans la compétition. Des déclarations de George W. Bush et du sénateur Obama, insérées de manière répétitive, viennent souligner la gravité de la crise. Et on retiendra la réplique finale: «Les Etats-Unis ne sont pas un pays, c’est un business...»

Daniel Grivel



Présenté au Festival de Cannes 2012, ce film fut dans l’ensemble bien accueilli par la critique. Adapté du livre de Georges V. Higgins, L’Art et la manière (1974), l’histoire met en scène des personnages et des situations dont le réalisme fait froid dans le dos. Le roman est surnommé «le Balzac des bas-fonds de Boston», titre qui évoque à merveille l’univers sombre dans lequel évoluent escrocs, assassins et avocats véreux. Lors d’une partie de poker organisée illégalement, des malfrats braquent la table pour s’emparer du magot. Jackie Cogan (Brad Pitt) est appelé pour retrouver les coupables. Commence alors une lutte sans merci entre petits mafieux négligeant les codes d’honneur dans une Amérique en profond désarroi.

Au-delà du thriller classique, le réalisateur ajoute un discours politique engagé: les premières images montrent la campagne électorale opposant McCain à Obama dont les promesses contrastent violemment avec la réalité. Le rêve américain n’est plus qu’une illusion, un lointain souvenir, remplacé par le goût amer d’un profond désespoir né de cette crise financière (celle entre autres des subprimes). Le début du film est prometteur grâce à une mise en scène aussi efficace qu’esthétique. Malheureusement, le récit s’enlise quelque peu, devient laborieux et bavard. Le propos finit par être répétitif, comme si le spectateur était incapable d’en comprendre l’enjeu. A noter la performance remarquable de Brad Pitt, interprétant un antihéros au charme sarcastique, dans une atmosphère où règnent simultanément violence extrême et humour désabusé.

Nadia Roch

 

Ancien membre

Appréciations

Nom Notes
Georges Blanc 5
Daniel Grivel 11
Serge Molla 8
Nadia Roch 15
Anne-Béatrice Schwab 14