Chevaux de Dieu (Les)

Affiche Chevaux de Dieu (Les)
Réalisé par Nabil Ayouch
Pays de production Belgique, France, Maroc
Année 2012
Durée
Musique Malvina Meinier
Genre Drame
Distributeur Stone Angels
Acteurs Abdelhakim Rachid, Abdelilah Rachid, Hamza Souideq, Ahmed El Idrissi Amrani, Saïd Lalaoui
N° cinéfeuilles 659
Bande annonce

Critique

Important sujet - d’autant plus qu’il est traité par un cinéaste d’origine marocaine - que celui des attentats terroristes commis le 16 mai 2003 à Casablanca et dont tous les protagonistes étaient issus du bidonville de Sidi Moumen, aux abords de la grande ville. Ainsi suit-on, après quelques épisodes relatant leur enfance insouciante, deux frères, Yachine et Hamid, élevés surtout par leur mère dans une famille dont le père est dépressif, dont un frère plus âgé est à l’armée et un autre, quasi autiste, végète à la maison. Après une longue séparation suite à une peine de prison encourue par Hamid qui a joué un peu trop au caïd, les deux frères se retrouvent. Mais, en prison, Hamid a découvert l’islam radical, seul capable de lui offrir famille et communauté véritable. Aussi, progressivement, va-t-il y conduire également son jeune frère. Or, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 à New York, perpétrés par Al-Qaida, la radicalisation, de verbale et morale qu’elle était, appelle à l’engagement définitif, fût-il mortel. L’honneur de l’islam étant en jeu, sa défense ne peut souffrir aucune limite.

Sans juger, mais au contraire en permettant de sentir (comprendre?) en profondeur ce qui meut ces jeunes adultes, ce film écarte les clichés et permet de s’interroger sur les facteurs nécessaires à mettre en place pour mettre un frein à de telles dérives mortifères. Et s’il mentionne les victimes, il n’oublie pas les mères des protagonistes manipulés par des discours extrémistes qui trouvent dans les difficultés économiques, l’incompréhension et l’arrogance, souvent occidentales, un terreau favorable au développement du pire. A méditer.

Serge Molla