Terraferma

Affiche Terraferma
Réalisé par Emanuele Crialese
Pays de production Italie, France
Année 2011
Durée
Musique Franco Piersanti
Genre Drame
Distributeur frenetic
Acteurs Filippo Pucillo, Donatella Finocchiaro, Mimmo Cuticchio, Giuseppe Fiorello, Timnit T.
Age légal 10 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 656
Bande annonce (Allociné)

Critique

Linosa, petite île au large de la Sicile (au nord de Lampedusa), à proximité des côtes africaines. Filippo (Filippo Pucillo), sa mère Giulietta (Donatella Finocchiaro) et son grand-père Ernesto (Mimmo Cuticchio) vivent là, chichement, l’activité traditionnelle de la pêche n’étant guère rentable. L’été arrivant, Giulietta décide de louer sa maison aux touristes: trois jeunes étudiants s’installent.

Un jour, alors qu’ils sont partis pêcher, Filippo et son grand-père sauvent des eaux un groupe de clandestins africains. Et les familles de pêcheurs, jeunes ou vieux, de se demander quelle attitude adopter vis-à-vis des autorités italiennes peu disposées à porter secours aux immigrants illégaux… Les premières images sont fortes: un flot de touristes bien argentés débarquent sur l’île, au milieu d’insulaires qui ont de la peine à vivre. A ces deux mondes-là va s’en ajouter un troisième, celui des réfugiés africains. Le film trouve alors son véritable sujet, celui de la confrontation de ces trois mondes. S’ajouteront aussi d’autres problèmes liés au mercantilisme des commerçants, aux traditions ancestrales des pêcheurs, au refus de certains chefs de la police d’accueillir les clandestins, au désir de certains insulaires de quitter l’île à la recherche d’un monde meilleur.

On reconnaîtra à Emanuele Crialese - à qui l’on doit le très beau RESPIRO (2002) - une détermination certaine à vouloir décrire une situation délicate qui dérange les autorités politiques italiennes (et européennes). On lui reprochera pourtant d’avoir abordé ces questions dans le désordre, le film partant dans toutes les directions, s’égarant parfois dans des séquences stéréotypées, des ralentis esthétisants ou des raccourcis simplificateurs.

Le ton choisi par le cinéaste est celui de la fable, du conte moderne, et non celui du constat réaliste et social. Soit. Mais sur un sujet aussi chaud que celui de l’immigration clandestine, il n’est guère possible de rester à la surface des événements. TERRAFERMA, par moments, ressemble à un fourre-tout cinématographique, où le symbolisme le dispute à l’esthétisme. Les images, parfois insoutenables, sont trop composées, et la mise en scène ne paraît pas exempte de maniérisme. Le cinéaste n’avait sans doute pas l’intention de faire de ce film - en compétition au dernier Festival de Venise - un brûlot politique et social, mais on pourra reprocher à TERRAFERMA une forme d’humanisme un peu simpliste.

Antoine Rochat

Appréciations

Nom Notes
Antoine Rochat 12
Daniel Grivel 13