Et si on vivait tous ensemble?

Affiche Et si on vivait tous ensemble?
Réalisé par Stéphane Robelin
Pays de production France, Allemagne
Année 2010
Durée
Musique Jean-Philippe Verdin
Genre Comédie
Distributeur Bac Films
Acteurs Claude Rich, Geraldine Chaplin, Jane Fonda, Pierre Richard, Guy Bedos
N° cinéfeuilles 650
Bande annonce

Critique

Sur un sujet de société tout à fait recevable, voire «sérieux» (le vieillissement), Stéphane Robelin adopte résolument le ton léger. Au final, son premier film se présente comme une badinerie qui s’essaie au mélange des genres sans réussir à convaincre.

Cinq «seniors» (deux couples et un célibataire) sont liés par une solide amitié de plus de quarante ans. Mais aujourd’hui, l’âge venant, la mémoire commence à flancher, le cœur a de sérieux ratés, les enfants s’en mêlent et la maison de retraite se pointe à l’horizon. Mais les cinq amis n’en veulent rien savoir: ils décident de vivre ensemble. Ils organisent leur nouvelle vie, tandis que de vieux souvenirs communs refont surface: aventures sentimentales passées, non-dits et tromperies avérées entre eux vont perturber leur coexistence. Entrer à 75 ans dans une vie communautaire n’est pas une sinécure.

Il y a d’abord Claude (Claude Rich), toujours séducteur et amateur de femmes; il y a aussi Annie (Geraldine Chaplin), bourgeoise désireuse de changement, et son mari Jean (Guy Bedos), ancien activiste et militant de gauche; il y a enfin Jeanne (Jane Fonda), féministe, qui vit avec Albert (Pierre Richard), un bon vivant un peu paumé. Chacun essaie de se trouver des occupations et des motivations, ou de dissimuler une maladie grave. Un étudiant allemand, Dirk (Daniel Brühl - coproduction avec l’Allemagne oblige!), est engagé pour promener le chien et jeter un œil sur toute l’équipe. Il rédige une thèse en ethnologie sur la population vieillissante, ça tombe bien!

Aborder la question du 3e âge au cinéma - sujet rarement mis en lumière - tenait de la gageure. Stéphane Robelin a tenté de réaliser un film choral, tout en effleurant certains thèmes comme la maladie, la solitude, le sexe, la peur de la mort, la volonté de repousser les limites de l’âge. Faire drôle avec du triste… L’intention était louable, mais le résultat reste discutable: les acteurs - quasi légendaires! - donnent l’impression d’avoir été abandonnés à eux-mêmes, les dialogues sont convenus, les champs/contrechamps se multiplient, et tout cela manque de rythme. Même avec des «vieux», on aurait pu envisager une mise en scène plus alerte. D’un scénario qui, sur le papier, promettait plus, le cinéaste ne tire qu’un film mi-sérieux mi-rieur qui paraît avant tout formaté pour la télé.

Note: 11

Antoine Rochat