Monde de Barney (Le)

Affiche Monde de Barney (Le)
Réalisé par Richard J. Lewis
Pays de production Canada, Italie
Année 2010
Durée
Musique Pasquale Catalano
Genre Comédie dramatique
Distributeur Océan Films
Acteurs Minnie Driver, Paul Giamatti, Rosamund Pike, Scott Speedman, Rachelle LeFevre
N° cinéfeuilles 649
Bande annonce

Critique

De Barney Panofsky (Paul Giamatti), on pourrait dire que c’est un drôle de type. Ou encore un homme de mauvais goût, grossier à ses heures. Riche Montréalais d’origine juive, grand amateur de hockey sur glace, alcoolique et grand fumeur de cigares, il travaille comme producteur d’émissions de télévision. De qualité très moyenne, semble-t-il.

LE MONDE DE BARNEY commence par la fin: âgé et solitaire, Barney se remémore les moments importants de son existence, son premier mariage (raté) en Italie, avec Clara (Rachelle Lefevre), une rousse incendiaire, infidèle et suicidaire; sa deuxième union avec Minnie (Minnie Driver), une riche princesse juive très préoccupée par son paraître; et enfin son troisième mariage avec Miriam (Rosamund Pike), qui deviendra la mère de ses deux enfants et l’amour de sa vie. Barney se rappelle aussi la mort tragique de son ami Boogie (Scott Speedman). On le soupçonne d’ailleurs d’en être plus ou moins le responsable. Plutôt plus que moins… Tiré d’une nouvelle de Mordecai Richler (1997), le film de Richard J. Lewis (cf. la série LES EXPERTS) est une illustration banalement filmée, dans une mise en scène assez morne, de la vie d’un homme ordinaire (sans plus), versatile, alcoolique, impulsif, irascible, et par moments exaspérant. Paul Giamatti (rôle titre) et Dustin Hoffman (le père embarrassant du précédent) sont tous deux excellents. Rosamund Pike campe intelligemment le personnage de Miriam, le seul qui soit finalement un tant soit peu sympathique et digne d’intérêt: réfléchie, posée, elle manifeste à l’égard de Barney une patience qui dépasse les limites de l’entendement. A se demander ce qu’elle a pu trouver en lui: peut-être l’inverse de ce qu’elle est? Poussée à bout, elle finira tout de même par le quitter.

Les scénaristes de LE MONDE DE BARNEY ont sans doute dû se creuser la tête pour essayer de rendre intéressant ce portrait d’un homme qui ne l’est pas. Chambouler la temporalité et glisser ici ou là quelques flash-back? Cela ne suffit pas à dissiper un ennui qui s’installe très tôt et ne vous quitte plus pendant plus de deux heures.

Note: 9

Antoine Rochat