Hugo cabret

Affiche Hugo cabret
Réalisé par Martin Scorsese
Pays de production U.S.A.
Année 2011
Durée
Musique Howard Shore
Genre Aventure, Drame, Famille
Distributeur Metropolitan FilmExport
Acteurs Ben Kingsley, Ray Winstone, Sacha Baron Cohen, Chloë Moretz, Asa Butterfield
N° cinéfeuilles 649
Bande annonce

Critique

Hugo (Asa Butterfield), orphelin d’une douzaine d’années, vit dans une gare parisienne. Nous sommes à la fin des années 20, époque où l’électronique n’a pas encore détrôné la mécanique ni la vapeur. Le jeune garçon dont le passé est mystérieux a hérité de son père un étrange automate dont il cherche la clef. Il croit la trouver dans le bric-à-brac d’un petit bazar qui, dans la gare, est tenu par un vieux monsieur.

Le récit de l’aventure de Hugo et de ses recherches qui le conduisent à l’intérieur de la grande horloge de la gare n’auraient guère d’intérêt. Toutefois, le film se distingue par une mise en scène et un décor flamboyants qui nous conduisent des bielles de locomotives à vapeur aux rouages gigantesques et compliqués de la grande horloge. Le jeune garçon se trouve projeté à l’extérieur de la tour où il s’accroche à une aiguille du cadran.

C’est là que le film se glisse habilement vers l’évocation du passé et des premiers balbutiements du cinéma. L’épisode de l’horloge, c’est Harold Lloyd qui l’avait déjà mis en scène. Cet acteur américain, plus populaire que Charlot, avait mis au point un personnage élégant, ahuri, au visage caché derrière des lunettes d’écaille. Avec Charlie Chaplin, Buster Keaton et d’autres, il fut l’un des représentants de l’école comique du cinéma américain muet. Mais qui aujourd’hui se souvient des pionniers ayant, à partir des frères Lumière, passé d’un certain réalisme (LA SORTIE DES USINES LUMIERE, L’ARRIVEE D’UN TRAIN EN GARE DE LA CIOTAT, LE REPAS DE BEBE) aux films de fiction, et qui ont imaginé ce que l’on appelait des effets spéciaux? Le champion de ce cinéma fut sans conteste Georges Méliès. Il fut le premier à construire un studio où il filma, entre autres succès (près de 800 films) LE VOYAGE DANS LA LUNE, L’HOMME A LA TÊTE DE CAOUTCHOUC, A LA CONQUÊTE DU PÔLE.

Ruiné par les échecs de films qui ne correspondaient plus aux goûts du public, il tint un magasin de jouets à la gare Montparnasse. Et c’est là que nous retrouvons Hugo, aux prises avec l’homme du bazar qui s’avère être Georges Méliès.

Scorsese, qui nous avait habitués à d’autres sujets de réflexion et à d’autres styles, raconte avec Hugo les balbutiements du cinéma et l’histoire dramatique de Georges Méliès. Il rend ainsi hommage à ce cinéaste d’une autre époque dont il se sert pour épater Hugo et les spectateurs d’aujourd’hui que rien n’étonne plus. Il se met toutefois au rang des pionniers puisqu’il a tourné HUGO en trois dimensions, technique que n’aurait pas désavoué Georges Méliès. Le cinéaste américain (TAXI DRIVER, RAGING BULL, CASINO) nous offre un vrai joyau.

Note: 18



Maurice Terrail





HUGO a été nommé meilleur film de l’année par le National Board of Review (NBR). Le NBR est toujours une des premières organisations américaines à faire connaître ses choix cinématographiques de l’année.

Souvent associé à un groupe de critiques professionnels, le NBR est un regroupement de cinéphiles new-yorkais sophistiqués composé de professionnels, d’étudiants, de professeurs et d’historiens. L’organisation existe depuis 1909.

Le NBR récompense également Martin Scorsese du titre du meilleur réalisateur pour HUGO.

L’organisation a par ailleurs nommé ses autres films américains préférés de l’année 2011: on y retrouve DRIVE, LES MARCHES DU POUVOIR et THE TREE OF LIFE.

Les prix seront remis lors d’une cérémonie qui aura lieu le 10 janvier 2012 à New York.

Un compliment de poids, celui de James Cameron: «La meilleure utilisation de la 3D à ce jour... y compris AVATAR.»

Maurice Terrail