Révoltés de l'île du Diable (Les)

Affiche Révoltés de l'île du Diable (Les)
Réalisé par Marius Holst
Pays de production France, Norvège, Pologne, Suède
Année 2010
Durée
Musique Johan Söderqvist
Genre Drame
Distributeur Les Films du Losange
Acteurs Stellan Skarsgård, Kristoffer Joner, Benjamin Helstad, Trond Nilssen, Morten Løvstad
N° cinéfeuilles 648
Bande annonce

Critique

Une île dans un fjord norvégien, à quelques heures d’Oslo. On est en 1915, dans une maison de redressement pour enfants et adolescents (de 8 à 21 ans). Un nouveau détenu, Erling (Benjamin Helstad), débarque. C’est une forte tête qui va pousser les autres à se rebeller contre les surveillants, contre une direction à la vérité despotique et brutale, contre une éducation religieuse conformiste et répressive. De prime abord assez fier et égoïste, Erling évoluera au fil des jours et des années, prenant conscience des intérêts de la communauté. Il se heurtera à un autre détenu, Olav (Trond Nilssen), avec lequel il finira pourtant par nouer une solide amitié.

Le générique précise que le film s’inspire d’une histoire vraie. Les premières images renvoient à ce qu’il faut considérer comme une sorte de fable: Erling - qui a travaillé comme pêcheur - raconte l’agonie d’une baleine qu’il a harponnée et qui mit une journée à mourir. Ce petit récit donne le ton, et le spectateur est averti: la lutte sera longue, la tension grandissante, avec des sursauts de révolte de la part des «délinquants» (qui ne sont d’ailleurs guère des criminels, mais bien plutôt des enfants issus de milieux pauvres ou défavorisés, ou négligés par leurs parents).

Les décors extérieurs, dépouillés, hivernaux, souvent très beaux, jouent un rôle important. Les teintes sont monochromes, bleutées, proches parfois du noir et blanc, et il se dégage du film une impression de froideur, celle du pays comme celle des âmes. L’environnement en général reste privé de tout sentiment d’humanité, de tout geste d’affection…

Mis à part quatre acteurs professionnels, tous les autres protagonistes sont des amateurs ou des débutants. Tous assurent leurs rôles avec talent, s’efforçant de porter sur leurs épaules un film très classique dans sa facture, mais qui manque pourtant de profondeur, qui privilégie les événements ou le choc des images au détriment d’une forme de réflexion ou d’émotion véritable.

Note: 11

Antoine Rochat