Ordre et la morale (L')

Réalisé par Mathieu Kassovitz
Pays de production France
Année 2011
Durée
Musique Klaus Badelt
Genre Action, Historique, Drame
Distributeur UGC Distribution
Acteurs Malik Zidi, Mathieu Kassovitz, Alexandre Steiger, Iabe Lapacas, Daniel Martin
N° cinéfeuilles 647
Bande annonce

Critique

Cet épisode sanglant de l’histoire néocalédonienne a été occulté, en avril 1988, par l’affaire des otages au Liban et par la campagne présidentielle française, opposant Jacques Chirac à François Mitterrand. Le drame a été relaté dans un livre, La morale et l’action, paru en 1990 sous la plume de Philippe Legorjus. L’ouvrage est tombé dans les mains de Mathieu Kassovitz qui y a trouvé un scénario et endossé le personnage de l’auteur.

Une unité d’élite de la gendarmerie française, dirigée par le capitaine Legorjus, est envoyée d’urgence en Nouvelle-Calédonie. Elle y trouve l’armée sur le pied de guerre pour répondre à une violente attaque perpétrée par les indépendantistes kanaks. Les missions de reconnaissance qu’elle effectue aident les gendarmes à mieux saisir la vérité. Dès lors, ils vont tout faire pour ouvrir des négociations. Mais la politique a ses raisons que la guerre ne connaît pas.

Après quelques ratages étasuniens, Mathieu Kassovitz revient en forme, avec une mise en scène efficace et beaucoup de brio, malgré une œuvre un peu longue. Film d’action, L’ORDRE ET LA MORALE a l’intelligence de s’appuyer sur les sentiments divers suscités par les événements: contradiction dans la logique des événements, amitiés naissantes, injustices à corriger, confiance, trahison… La réalité humaine, si carrée soit-elle, prend ici plus de place que les séquences de combat.

Comme comédien, Mathieu Kassovitz semble faire sien le point de vue du capitaine Legorjus et montre jusqu’à l’écœurement à quel point les dirigeants sont capables de brouiller les fils pour servir leurs intérêts. C’est au cœur de leurs rivalités assassines qu’est posée la bonne question: jusqu’à quelle extrémité un soldat se doit-il de servir? Une question qui demeure dans l’impasse; le film n’hésite pas à le démontrer…

Note: 12

Geneviève Praplan