Guerre des boutons (La)

Affiche Guerre des boutons (La)
Réalisé par Yann Samuell
Pays de production France
Année 2011
Durée
Musique Klaus Badelt
Genre Famille, Comédie
Acteurs Eric Elmosnino, Alain Chabat, Fred Testot, Mathilde Seigner, Vincent Bres
N° cinéfeuilles 643
Bande annonce

Critique

Yann Samuell (L’ÂGE DE RAISON) reste dans le rose bonbon, malgré une caméra aux tressautements cahotiques. La rugosité des petits paysans évoqués par Pergaud est gentiment poncée, le cancre Lebrac finira par entrer au collège, une fille devient chef de bande, le curé est progressiste, et on a droit à un petit maltraité d’Histoire. Reste un quarteron de têtes d’affiche.

Note: 8





La (nouvelle) guerre des boutons



En mai dernier à Cannes, sur la Croisette, c’était la guerre des affiches: presque un demi-siècle après l’adaptation par Yves Robert de La guerre des boutons, roman de ma douzième année de Louis Pergaud (paru en 1912), deux producteurs français annonçaient leur vision personnelle de ce récit inscrit au programme des collèges d’aujourd’hui. Marc du Pontavice (TOUS A L’OUEST: UNE AVENTURE DE LUCKY LUKE; GAINSBOURG - VIE HEROÏQUE) choisissait les années 60 dans le Midi de la France; Thomas Langmann (ASTERIX AUX JEUX OLYMPIQUES; MESRINE 1 et 2) optait pour la région de la Loire en 1944. Les films sortent à une semaine de distance. Qui gagnera la guerre?...

Dans les deux cas, on retrouve les garçons rivaux des villages de Longeverne (Lebrac, Camus, La Crique, Bacaillé et le craquant Tigibus...) et de Velrans (l’Aztec des Gués et sa bande). Pas un bouton ne manque, ce trophée de guerre dont l’ablation force les vaincus à détaler en se cramponnant à leur culotte, et la même idée est reprise de se battre nus pour éviter l’humiliation (dans le premier film, un champ de blé masque pudiquement le spectacle, dans le second les garçons sont affublés de caleçons (à coup sûr petit-bateau...) Un dénominateur commun: la nostalgie de temps révolus - et un petit parfum de naphtaline -, qui marque un certain cinéma français d’aujourd’hui (voir LES BIEN-AIMES de Christophe Honoré, avec son cortège de voitures «vintage»).

Comme avec LE PETIT NICOLAS, on se pose la question: était-ce bien nécessaire? Il n’est pas certain que des enfants gavés de jeux vidéos brutalos soient conquis par un certain charme rétro; quant aux adultes qui, jadis, se sont délectés du roman, ils en chercheront en vain la verdeur et le souffle libertaire originels.

Daniel Grivel