Polisse

Affiche Polisse
Réalisé par Maïwenn
Pays de production France
Année 2011
Durée
Musique Stephen Warbeck
Genre Drame
Distributeur Mars Distribution
Acteurs JoeyStarr, Karin Viard, Nicolas Duvauchelle, Marina Foïs, Maïwenn
N° cinéfeuilles 637
Bande annonce

Critique

On connaît les tranches de vie prélevées par Raymond Depardon dans ses documentaires, qu’il s’agisse de la paysannerie, de la justice ou de la police. Maïwenn, sœur d’Isild Le Besco, comme elle comédienne et réalisatrice, a choisi le docu-fiction pour évoquer le quotidien de la brigade de protection des mineurs. Le film commence par l’interrogatoire d’une fillette (vue par ailleurs dans TOMBOY) accusant son grand-père de lui avoir «gratté les fesses» et autre chose aussi. Là déjà, on sent le préjugé favorable au témoignage d’un enfant, - à croire que l’affaire d’Outreau est tombée aux oubliettes... La réalisatrice joue le rôle d’une photographe chargée par le ministère de l’Intérieur de faire un reportage sur le travail d’une brigade œuvrant sur un front particulièrement sensible (apparemment, elle peut mitrailler à sa guise sans demander le consentement des victimes ni des prévenus). Comme dans la série télévisée «Urgences», on assiste à une succession accélérée et massive de cas extrêmes, véritable maelström de turpitudes et parfois de futilités prêtant à rire (une adolescente qui a fait tout et n’importe quoi pour récupérer son téléphone mobile). En filigrane, les heurs et malheurs domestiques des policiers et policières, la misère de la «France d’en bas» et les protections de prévenus bien placés.

Plus que dans d’autres films du même genre, la présence de comédiens connus est gênante et nuit à la crédibilité du propos.

Note: 11



Daniel Grivel





Garde à vue de pédophiles, auditions d’enfants abusés et de parents maltraitants, arrestations de pickpockets mineurs, déposition d’ados en pleine dérive sexuelle, fausses déclarations de viol, père incestueux qui menace de faire appel à ses relations haut placées pour se défiler, rafle dans un camp de gitans proxénètes: pour son troisième film, la comédienne et réalisatrice Maïwenn a plongé dans le quotidien éprouvant d’une brigade de protection des mineurs (BPM) dont les policiers gèrent comme ils peuvent l’impensable et le sordide.

La réalisatrice a longuement enquêté avant d’écrire le scénario de son docu-fiction afin qu’il sonne juste. Elle a choisi de raconter uniquement des histoires dont elle a été le témoin ou que des agents lui ont confiées, de suivre les policiers jusque dans leur pause-déjeuner, de nous montrer leur solidarité, leur amitié, les fous rires intempestifs qui les libèrent parfois d’une boule au ventre créée par des situations pour le moins rudes. Caméra à l’épaule, elle ne les lâche pas d’une semelle, les suivant jusque dans leur vie privée, marquée par la violence de ce qu’ils vivent au travail. On assiste à un empilement de scènes sans lien, une sorte de catalogue des situations consternantes que la brigade de protection des mineurs rencontre au quotidien.

Comment ces policiers parviennent-ils à trouver l’équilibre entre leur vie privée et la réalité à laquelle ils sont confrontés? Fred, (le rappeur Joeystarr, qui est aussi le compagnon de la réalisatrice) le dur au cœur tendre du groupe, a du mal à supporter la maltraitance dont sont victimes des enfants. Il ne supporte pas non plus le regard de Melissa (Maïwenn), la photographe mandatée par le ministère de l’Intérieur pour réaliser un livre de photos sur cette brigade. Mais peu à peu il tombe amoureux de la jeune femme. Maïwenn a habilement mélangé acteurs et non-professionnels à la spontanéité décapante. Ce qui nous vaut des touches d’humour bienvenues dans un monde bien noir.

Note: 13



Nicole Métral

Ancien membre