Dans la maison de mon Père, il y a plusieurs demeures

Affiche Dans la maison de mon Père, il y a plusieurs demeures
Réalisé par Hajo Schomerus
Pays de production Suisse/Allemagne
Année 2010
Durée
Genre Documentaire
Distributeur colombus
Acteurs Jennifer Peedom
Age légal 7 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 637

Critique

En 325, à Jérusalem, une église fut construite sur des lieux prétendus être ceux du tombeau de Jésus. Enfouis sous un temple construit par l’empereur Hadrien, ces lieux n’ont jamais été attestés comme authentiques mais sont tenus pour tels par de nombreux croyants depuis toujours. Six confessions chrétiennes se partagent le site, plutôt mal que bien, tandis que les foules de pèlerins se bousculent à l’intérieur, dynamisées par le besoin de toucher et d’embrasser les points «sacrés».

Victimes de la loi du plus fort, les petites communautés ne reçoivent que les miettes. Ainsi les coptes n’ont-ils droit qu’à une minuscule chapelle, derrière le tombeau. Un calendrier rigoureux règle l’utilisation des lieux pour les offices; les cérémonies importantes se déroulent en même temps, aux dépens des plus faibles et au prix d’un beau charivari, l’orgue de ceux-ci écrasant les chants de ceux-là. Certains religieux - les plus puissants - justifient sans peine leur attitude. D’autres souffrent de cette cacophonie «jusqu’à souhaiter que l’église s’écroule».

Hajo Schomerus, réalisateur allemand, a filmé ce qui apparaît tristement comme une industrie. Industrie du tourisme fétichiste, industrie de la prière. S’il y a des miracles, comme l’affirment deux visiteuses, ce ne sont pas des guérisons, mais le fait que les communautés chrétiennes réussissent à s’y côtoyer depuis des siècles, malgré leurs disputes, parfois violentes. En novembre 2009, par exemple, la police israélienne a dû séparer des popes grecs et des prêtres arméniens qui en étaient venus aux mains, armés de cierges...

Ce documentaire laisse peu d’espoir quant à une réconciliation proche. Tourné presque entièrement à l’intérieur de l’église, il est un témoignage très douloureux, qui devrait décourager le pèlerin. Et s’il emprunte son titre à saint Jean, c’est un autre passage de l’Evangile qu’il évoque: «Ma maison sera appelée maison de prière. Mais vous, vous en faites un repaire de brigands.»

Geneviève Praplan

Appréciations

Nom Notes
Geneviève Praplan 12
Daniel Grivel 12