Sucker Punch

Affiche Sucker Punch
Réalisé par Zack Snyder
Pays de production U.S.A.
Année 2011
Durée
Musique Marius De Vries, Tyler Bates
Genre Fantastique, Action, Thriller
Distributeur Warner Bros. France
Acteurs Jena Malone, Abbie Cornish, Emily Browning, Vanessa Hudgens, Jamie Chung
Age légal 14 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 634
Bande annonce

Critique

Dans un manoir lugubre et suite au décès de leur mère, deux orphelines se retrouvent livrées à leur beau-père. Après le viol et le meurtre de la plus jeune, l’odieux personnage fait enfermer l’aînée, Babydoll (Emily Browning), dans une sorte de prison-hôpital psychiatrique-bordel géant, lieu sordide de damnation où s’exercent des relations de pouvoir perverses, lieu manichéen en diable.

D’un côté les hommes, mâles dominants et libidineux, tyrans crapuleux et immondes; de l’autre les femmes, objets sexuels livrées au désir des hommes, soumises et asservies à leur toute-puissance. Sans espoir et sans échappatoire, elles sont enfermées dans un labyrinthe de peurs et de cauchemars. En se mettant dans des états de transes, Babydoll s’évade dans des mondes fantasmagoriques. Avec un commando féminin de choc, elle affronte en combats épiques des ennemis coriaces, robots, monstres, dragons, soldats néonazis et autres joyeusetés. Avec des effets spéciaux, des décors et des acteurs efficaces, avec des ambiances lugubres à souhait, genre gothique, ce film manipulateur opère à la manière d’un gigantesque jeu vidéo.

En 2006 déjà avec son film 300, Zack Snyder nous avait gratifié d’une idéologie nauséeuse. Il récidive ici avec complaisance: sans recul et sans distance critique, il cultive l’ambiguïté dans de grandes envolées séduisantes sur le plan formel; il multiplie les scènes de violence et relations perverses avec une esthétique et des atmosphères fascinantes pour les adolescents en particulier. C’est glauque, angoissant, malsain.

Snyder pratique l’alibi d’une pseudo-réflexion philosophique: «Chacun possède les clés de sa liberté; battez-vous et vous y arriverez; le sacrifice est une valeur suprême…» et nous livre un plat indigeste, lourd, désespérant. A vomir.

Note: 2

Anne-Béatrice Schwab