127 heures

Affiche 127 heures
Réalisé par Danny Boyle
Pays de production Grande-Bretagne, U.S.A.
Année 2010
Durée
Musique A.R. Rahman
Genre Drame, Thriller, Aventure, Biopic
Distributeur Pathé Distribution
Acteurs James Franco, Clémence Poésy, Kate Mara, Lizzy Caplan, Amber Tamblyn
Age légal 14 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 631
Bande annonce

Critique

Avec 127 Heures, Danny Boyle change de genre, quitte les taudis surpeuplés de Mumbai (Slumdog Millionaire, 2008) pour suivre les traces d’un homme parti pour une randonnée en solitaire dans les gorges de l’Utah et qui se retrouvera bloqué au fond d’un canyon. Une histoire vécue, un film d’aventure à forte composante documentaire.

En avril 2003, Aron Ralston, jeune sportif expérimenté de 26 ans, s’en va tout seul (et sans rien dire à personne) dans les gorges du Canyonlands National Park. Six jours plus tard, il réapparaît pour raconter une extraordinaire et authentique histoire de survie: un rocher s’est éboulé, emprisonnant totalement son avant-bras droit. Pris au piège au fond d’une faille très étroite, menacé de déshydratation et d’hypothermie, en proie aussi à des hallucinations, il a vite compris que les secours n’arriveraient pas…

Danny Boyle a adapté le récit (Plus fort qu’un roc) publié par Aron Ralston et a cherché à mettre en images cette tragique aventure comme vue de l’intérieur par le protagoniste lui-même (incarné par James Franco). Avec l’option de plonger le spectateur dans l’univers mental d’Aron, qui va évoquer (visuellement) ses souvenirs, ses rêves, tout ce qui traverse son esprit. L’idée centrale du film, c’est qu’Aron n’a jamais été complètement seul dans ce canyon, qu’il était comme entouré des visages de ses proches, des êtres qu’il avait connus ou dont il avait rêvé.

Réaliser un tel film relevait bien sûr de la gageure dans la mesure où il s’agissait de tenir en haleine le spectateur avec des gestes d’un héros disposant d’une amplitude de mouvements limitée à quelques centimètres… Comment réaliser un film d’action avec un héros immobile? Chiche, l’action se développera donc essentiellement dans l’esprit d’Aron. Dans l’évocation des événements vécus, le réalisateur intercalera des séquences oniriques, des trouvailles visuelles, des cauchemars ou des délires, intégrant à bon escient les images enregistrées par la petite caméra numérique du héros, images prises dans l’idée qu’elles pourraient - qui sait? - parvenir un jour à quelqu’un… Long métrage essentiellement dramatique, 127 Heures contraint le spectateur à plonger dans l’intimité d’un homme, au cœur de sa souffrance physique et de sa douleur morale.

Dans toutes ses dernières réalisations, Danny Boyle a livré le même message: l’homme peut et doit se montrer capable de faire face à des difficultés a priori insurmontables. La force de 127 Heures réside cette fois-ci dans le fait que le cinéaste n’a rien inventé, respectant fidèlement la réalité vécue par Aron. La composante documentaire est très forte. Sur un point cependant, Danny Boyle dit avoir ajouté au récit d’Aron Ralston un élément personnel, la notion d’un homme qui n’avait jamais fait jusque-là l’effort d’aller vers les autres, d’un homme individualiste au point de n’avoir jamais eu conscience de l’importance des relations avec les siens: «Aron était, dit le cinéaste, une sorte d’idéal masculin - autonome, indépendant, athlétique, débrouillard -, mais loin d’être un modèle en tant qu’être humain.»

Comédien de taille, James Franco a parfaitement su endosser le rôle du héros confronté à sa propre mort. Tout coincé qu’il est au fond d’une fissure rocheuse, il porte le film sur ses épaules… S’agissant d’une histoire vécue - 127 Heures ne laisse planer aucun doute sur l’épilogue du récit -, la narration garde, certes, quelque chose de très classique, de très linéaire, sans véritable suspense. Le spectateur ne se demande pas «si», mais «comment» Aron va s’en sortir. Avec aussi - les images seront crues - quelque appréhension…

Antoine Rochat

Appréciations

Nom Notes
Antoine Rochat 14
Georges Blanc 12
Daniel Grivel 12
Geneviève Praplan 15
Anne-Béatrice Schwab 14