Petite Chambre (La)

Affiche Petite Chambre (La)
Réalisé par Stéphanie Chuat, Véronique Reymond
Pays de production Suisse, Luxembourg
Année 2010
Durée
Musique Emre Sevindik
Genre Comédie dramatique
Distributeur Vega
Acteurs Florence Loiret-Caille, Eric Caravaca, Michel Bouquet, Valérie Bodson, Joël Delsaut
Age légal 10 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 628
Bande annonce

Critique

Les deux jeunes Vaudoises Stéphanie Chuat et Véronique Reymond œuvrent ensemble dans le théâtre et dans le cinéma. Elles ont notamment réalisé l’an dernier le documentaire Buffo, Buten& Howard , le psychologue-écrivain-clown bien connu. La petite chambre est leur premier long métrage de fiction, qui a été chaleureusement accueilli par le public locarnais et sélectionné pour représenter notre pays à l’Oscar du meilleur film étranger.

La petite chambre, c’est celle qui, dans l’appartement de Rose (Florence Loiret Caille) et Marc (Eric Caravaca), est demeurée en l’état depuis la mort subite de leur bébé. Le couple est perturbé par ce deuil difficile à accomplir. Pour Marc, bon type pas compliqué, la vie doit continuer envers et contre tout; Rose, infirmière à domicile, s’abîme dans son travail. Jusqu’au jour où son chemin croise celui d’Edmond (Michel Bouquet), vieux monsieur que son fils, accaparé par sa carrière, veut placer dans un EMS. Le séjour probatoire n’est pas concluant: Edmond, se rebiffant et refusant de rester avec des «vieux», retourne avec la complicité de Rose dans son appartement où il peut s’occuper de ses chères plantes vertes et vivre avec le souvenir de sa chère épouse disparue.

Avec une belle complicité aussi (elles se connaissent depuis l’enfance), les deux réalisatrices évoquent avec tact la rencontre de deux deuils et les difficultés suscitées par le grand âge (pour elles, «l’âge ingrat ne se réfère plus à l’adolescence mais au quatrième âge»). Rose, fracassée par la disparition de son bébé, ne peut (ne veut?) pas sortir du cocon qu’elle lui avait préparé, jolie chambrette aménagée et décorée avec amour. Edmond, vieux monsieur digne, refuse la «porte de sortie» que lui suggère fermement son fils, ainsi que la vieillesse «naufrage» redoutée par de Gaulle. Par petites touches successives, le spectateur est amené à découvrir les petits secrets de deux personnes différemment atteintes par la mort; sans pathos et avec délicatesse, leurs appréhensions et leurs espérances sont mises au jour. Quand bien même le drame se déroule dans des paysages familiers aux spectateurs vaudois (Lavaux, glacier des Diablerets...), sa portée est suffisamment universelle pour ne pas être bornée par la petitesse helvétique.

Qui ne risque rien n’a rien, dit-on... Toujours est-il que Stéphanie Chuat et Véronique Reymond ont eu le culot de demander à Michel Bouquet s’il accepterait le rôle d’Edmond, et que l’immense acteur a été d’emblée intéressé par le scénario. Le courant est passé entre lui et Florence Loiret Caille, dont la jeunesse n’empêche pas une filmographie déjà enviable, et c’est tant mieux: dans cette petite musique de chambre qu’est le film, la voix grave du violoncelle et le son plus vert du violon s’harmonisent à merveille. Pour un premier long métrage de fiction, l’essai touche en plein cœur.

Daniel Grivel

Appréciations

Nom Notes
Daniel Grivel 15
Geneviève Praplan 15
Georges Blanc 17
Anne-Béatrice Schwab 17