Splice

Affiche Splice
Réalisé par Vincenzo Natali
Pays de production Canada, France
Année 2009
Durée
Musique Cyrille Aufort
Genre Science fiction
Distributeur Gaumont Distribution
Acteurs Sarah Polley, David Hewlett, Adrien Brody, Delphine Chaneac, Brandon McGibbon
Age légal 16 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 617
Bande annonce

Critique

Clive (Adrien Brody) et Elsa (Sarah Polley) sont experts en génétique. Ils ont réussi à combiner l’ADN de différentes espèces animales pour obtenir deux hybrides - appelés Ginger et Fred (!) - qui ressemblent à deux monstrueuses chenilles articulées munies de langues et de dards pour le meilleur et pour le pire. Forts de leurs excellents résultats scientifiques, les deux généticiens veulent maintenant passer à l’étape suivante et fusionner les génomes animal et humain. Mais le laboratoire pharmaceutique qui les finance refuse de les soutenir. Sens de l’éthique? Ou peur des risques financiers? Clive et Elsa décident de passer outre et de poursuivre leurs recherches en secret. Ils créent un petit monstre qu’ils appellent Dren, une créature bizarre qui va devenir adulte en quelques mois, une «humanoïde» imprévisible, se révélant par la suite hermaphrodite à ses heures et capable de vivre aussi bien dans l’air ou dans l’eau que sur la terre. Un petit monstre qui prendra de plus en plus de place, projetant le couple dans de gros ennuis. Le film glissera peu à peu vers le fantastique et l’horreur. L’épilogue? A découvrir par ceux qui supportent les films qui n’en finissent pas de finir, et qui apprécient les scènes à la limite du «gore».

Voilà pour la tonalité du film. «Qu’est-ce qui peut bien arriver de pire?» laisse tomber, dans une ultime réplique, l’un des deux généticiens. Rien, effectivement, le pire on l’a déjà… Le spectateur a bien de la peine en effet à se laisser embarquer dans ce conte à la fois fantastique et cauchemardesque. Surtout qu’en cours de route l’intrigue ne ménage guère de surprises, que le suspense est souvent laborieux, et que les allusions d’ordre éthique, moral, philosophique, psychologique, psychanalytique et éducatif qui jalonnent le parcours ne valent pas quatre sous. SPLICE navigue en eaux troubles et tout le contexte pseudo-scientifique (séquençage du génome humain, embryons hybrides, clonages, technologies de laboratoire sophistiquées) n’est que bluff et bazar. Contrepoint de cette histoire, les relations du couple Clive-Elsa paraissent convenues. Et l’instauration d’un triangle amoureux - Dren a grandi, c’est devenu une (drôle de) demoiselle, en même temps qu’un damoiseau (!) - ne fait qu’ajouter, par sa perversité sexuelle, au grand-guignolesque. Tout compte fait, Adrien Brody et Sarah Polley auraient mieux fait de ne pas toucher aux éprouvettes. Vincenzo Natali avait bien réussi son CUBE et son sketch de PARIS JE T’AIME, mais ici la greffe a raté...

Antoine Rochat