Benda Bilili!

Affiche Benda Bilili!
Réalisé par Renaud Barret, Florent de la Tullaye
Pays de production France, Congo (Kinshasa)
Année 2010
Durée
Musique Staff Benda Bilili
Genre Documentaire
Distributeur Sophie Dulac Distribution
Acteurs Roger Landu, Coco Ngambali, Djunana Tanga-Suele, Leon Likabu, Cubain Kabeya
Age légal 7 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 615
Bande annonce

Critique

Ricky, guitariste et chanteur dans la cinquantaine, n’a qu’un rêve, faire de Staff Benda Bilili le meilleur orchestre du Congo Kinshasa. Roger, enfant des rues, désire plus que tout rejoindre ces stars du ghetto qui écument la ville sur des fauteuils roulants et des béquilles. Ensemble, il leur faut déjouer les pièges de la rue, rester unis, trouver dans la musique la force d’espérer! Pendant cinq ans, des premières répétitions à leur triomphe dans les festivals du monde entier, BENDA BILILI, en français «Au-delà des apparences», nous raconte ce rêve devenu réalité.

Il faut remercier les réalisateurs de ce film d’avoir su écouter ces musiciens des rues, tous handicapés moteurs frappés par la polio, d’avoir décelé la qualité de leurs improvisations et de leur sens musical, et d’avoir suivi patiemment, durant cinq ans, leur évolution. C’est une leçon de vie et d’espoir que nous apportent ces estropiés de l’existence et de la misère dans ce portrait musical qui a des airs de BUENA VISTA SOCIAL CLUB.

A la différence près qu’on a ici quelque chose de volontairement brut, mal dégrossi, un enchaînement de scènes qui deviennent presque surnaturelles à force d’avoir été glanées dans le quotidien des déshérités du Congo. En effet les réalisateurs ne cachent pas non plus la réalité infernale à laquelle leurs protégés ont échappé. Par moments, des éclats de l’état de guerre perpétuelle qui règne dans les rues de Kinshasa viennent troubler l’atmosphère euphorique. C’est quand même celle-ci qui finit par l’emporter, pour notre plus grand plaisir.



Georges Blanc





Renaud dirigeait une agence de publicité, Florent était reporter photographe international. Fatigués de leur travail, ils partent en 2004 pour Kinshasa, à la recherche de son et d’images de la musique urbaine. Un jour, ils rencontrent le Staff Benda Bilili et une aventure commence, splendide, qui va durer cinq ans.

Benda Bilili est un groupe de handicapés congolais qui vivent de la musique et l’enseignent aux enfants des rues. Ils viennent de prendre Roger sous leur aile, un garçon au regard tragique, qui joue d’un instrument à sa façon: une corde tendue entre une baguette et une boîte de conserve. Emerveillés par le talent de ces artistes, les deux Français décident de produire leur premier disque et d’en faire un film. Pourtant, tout ne va pas de soi et l’enregistrement est interrompu par l’incendie du centre pour handicapés. Il faudra attendre une année pour que les réalisateurs puissent reprendre le fil de leur projet et le mener à bien.

C’est une histoire à la BUENA VISTA SOCIAL CLUB mais rendue plus émouvante par l’immense misère des musiciens, leur optimisme, leur foi en la musique, la poésie de leurs textes qui véhiculent des messages éducatifs très importants auprès de personnes illettrées, notent les réalisateurs. Benda Bilili est venu présenter son film en Europe. Le succès a été à la hauteur de leur courage.

Note: 15



Geneviève Praplan

Ancien membre