Chèvres du Pentagone (Les)

Affiche Chèvres du Pentagone (Les)
Réalisé par Grant Heslov
Pays de production U.S.A., Grande-Bretagne
Année 2009
Durée
Musique Rolfe Kent
Genre Comédie
Distributeur Sony Pictures Releasing France
Acteurs Kevin Spacey, Jeff Bridges, Ewan McGregor, George Clooney, Stephen Lang
Age légal 10 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 610
Bande annonce

Critique

Le journaliste Bob Wilton (Ewan McGregor) est en panne de sujet quand il fait la connaissance de Lyn Cassady (George Clooney), un personnage étrange qui prétend faire partie d’un département top secret de l’armée américaine. Cassady affirme qu’une «New Earth Army» changera la manière dont on fait aujourd’hui la guerre: il s’agit maintenant de créer et d’utiliser des «moines guerriers» possédant des pouvoirs psychiques sans précédent, capables de traverser les murs, ou de tuer une chèvre rien qu’en la regardant… Mais le fondateur de ce nouveau programme militaire, Bill Django (Jeff Bridges), s’est évanoui dans la nature, et Cassady a pour mission de le retrouver.

Intéressant et agaçant à la fois, LES CHEVRES DU PENTAGONE - adaptation du roman éponyme de Jon Ronson - est un film déconcertant. En compagnie d’espions dotés de pouvoirs surnaturels, le réalisateur Grant Heslov balade tout son monde - le spectateur avec - de 1970 à nos jours, du Vietnam à Guantanamo en passant par le Koweit et l’Irak, sans oublier quelques détours par le Loch Ness, le sous-marin nucléaire Nautilus, Noriega et les autres… Se cramponne qui peut! Et ça continu: impliqués dans des histoires abracadabrantes, Bob et Cassady vont remonter la piste de Django jusqu’à un camp d’entraînement clandestin dirigé par un certain Larry Hooper (Kevin Spacey), sorte de médium dissident. Bob se découvrira vite piégé dans une lutte sans merci entre la «New Earth Army» et la milice personnelle de super-soldats du susdit Hooper. On laissera volontiers au spectateur le soin de débrouiller la suite…

Festival de «nonsense», «gorillages» de l’armée et de ses travers, comique de situation, de gestes et de mots, rien n’est laissé au hasard dans ce film bavard qui dispose de gros moyens (et d’une belle brochette d’acteurs impeccables! Mais on finit par se lasser de croiser des personnages dont on se demande s’ils ne sont pas que de «simples projections mentales», on se fatigue de voir des héros capables de dissoudre des nuages d’un simple regard, mais incapables en revanche d’éviter un gros caillou sur une route rectiligne, au milieu d’un désert. A l’image de Bob qui - pris dans une embuscade - s’écrie «ne tirez pas, je suis journaliste!» mais qui ne réussit qu’à déclencher la plus belle des gabegies, le film finit par sombrer dans la confusion. Les adeptes des voyages un peu fous - mais bien orchestrés, il est vrai - dans le monde du surnaturel restent libres d’apprécier bien sûr.

Antoine Rochat