Brothers

Affiche Brothers
Réalisé par Jim Sheridan
Pays de production U.S.A.
Année 2009
Durée
Musique Thomas Newman
Genre Drame
Distributeur Wild Bunch Distribution
Acteurs Tobey Maguire, Natalie Portman, Jake Gyllenhaal, Patrick Flueger, Mare Winningham
Age légal 14 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 607
Bande annonce

Critique

Dans BROTHERS, Jim Sheridan retrouve des thèmes qui lui sont chers, les liens familiaux, le besoin de pardon. Cette histoire, que le public connaît pour avoir vu le film de la Danoise Susanne Bier (BRØDRE, sorti en 2004), prend pour arrière-plan l’engagement militaire étasunien en Afghanistan. Le capitaine Sam Cahill (Tobey Maguire) doit rejoindre les troupes qui se battent contre les talibans. Il laisse une épouse (Natalie Portman) et deux fillettes. Mais d’abord, il va accueillir Tommy (Jake Gyllenhaal) à sa sortie de prison. Les deux frères sont à l’opposé l’un de l’autre, au grand dam du père (Sam Shepard), un vétéran du Vietnam.

Qu’est-ce qui construit un homme, qu’est-ce qui le détruit? «Mon film, explique le réalisateur irlandais, ne se soucie pas tant de la guerre. Il cherche à comprendre ce qu’il arrive quand un être humain est si profondément blessé qu’il se retrouve à prendre des mesures inconcevables pour la plupart d’entre nous. Comment un être humain peut-il en arriver là et quel impact cela aura-t-il sur ses proches?»

C’est une belle histoire, psychologique avant tout, qui traite de la fragilité des êtres, mais qui donne aussi des raisons à cette fragilité. La guerre est ici doublement mise en cause. En tant que telle par l’expérience terrifiante de Sam en Afghanistan. Et indirectement à travers le père, ce militaire qui reste assez fanatisé par l’armée pour admirer son fils soldat et rejeter son bon à rien de cadet. La relation des deux frères est malgré tout excellente, mais comment pourrait-elle résister aux bouleversements que vit Sam?

Sheridan dirige bien ses comédiens - la petite Bailee Madison est remarquable -, sa mise en scène est simple, suivant sans le trahir le scénario de Susanne Bier. Revoir ce récit à l’écran donne toujours à réfléchir, car il pose des questions graves et rappelle, qu’il le veuille ou non, les conséquences tragiques de la guerre, pour ceux qui en reviennent aussi. Mais il reste une question sans réponse: pourquoi, si peu d’années après, Jim Sheridan a-t-il repris l’histoire de la Danoise, sans rien lui apporter de neuf?

Geneviève Praplan