Coco Chanel & Igor Stravinsky

Affiche Coco Chanel & Igor Stravinsky
Réalisé par Jan Kounen
Pays de production France, Japon, Suisse
Année 2009
Durée
Musique Gabriel Yared
Genre Drame, Romance
Distributeur Wild Bunch Distribution
Acteurs Anna Mouglalis, Natacha Lindinger, Mads Mikkelsen, Grigori Manoukov, Elena Morozova
Age légal 12 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 605
Bande annonce

Critique

Aux grands yeux de velours d’Audrey Tautou, qui incarna Coco Chanel dans ses jeunes années pour la réalisatrice Anne Fontaine, succède le regard tranchant et lucide et la voix rauque d’Anna Mouglalis dans COCO CHANEL & IGOR STRAVINSKY de Jan Kounen. Son interprétation colle particulièrement bien à la femme de caractère que fut la couturière de la rue Cambon qui révolutionna la mode dans les années 20 et vécut en femme libre et rebelle. Dans ce film, Coco Chanel n’est plus une petite provinciale qui découvre ses charmes et en use pour se faire un chemin dans la vie. Elle travaille d’arrache-pied dans l’atelier que lui a offert Boy Capel dont elle a été éperdument amoureuse et dont elle porte le deuil. Au Théâtre des Champs-Elysées, elle assiste à la première parisienne du Sacre du Printemps d’Igor Stravinsky. La salle conspue le jeune compositeur russe. Coco Chanel, elle, est subjuguée. Sept ans plus tard, elle rencontre Stravinsky qui s’est exilé en France pour fuir la révolution russe. Elle propose de l’héberger dans sa villa de Garches pour qu’il puisse y travailler. Igor s’y installe avec sa femme et ses quatre enfants. Commence alors une liaison entre les deux créateurs sous les yeux de la femme de Stravinsky (Elena Morozova), qui souffre de tuberculose.

La vie romanesque de la styliste a visiblement inspiré romanciers et cinéastes qui n’ont de cesse d’en fantasmer l’intimité et de la mettre en scène. Cette mise à nu, au propre comme au figuré, a dans ce film quelque chose d’artificiel et de froid, qui barricade toute émotion. Les images, superbes, reflètent avec talent l’esthétique d’une époque marquée par le cubisme, dont s’inspira celle qui dépouilla la mode de ses falbalas, fréquenta Picasso, Dali et Cocteau et imposa une silhouette souple et androgyne dans le monde de la mode.