Route (La)

Affiche Route (La)
Réalisé par John Hillcoat
Pays de production U.S.A.
Année 2009
Durée
Musique Nick Cave, Warren Ellis
Genre Science fiction, Drame
Distributeur Metropolitan FilmExport
Acteurs Charlize Theron, Guy Pearce, Viggo Mortensen, Robert Duvall, Kodi Smit-McPhee
N° cinéfeuilles 604
Bande annonce

Critique

«Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme», disait l’écrivain étasunien Cormac Mc Carthy, titrant ainsi son superbe roman, que les frères Cohen ont traduit en un tout aussi superbe film. Il n’y a plus d’espoir que notre monde devienne meilleur, semblait croire le héros de ce livre, nous courons à la catastrophe. Celle-ci a eu lieu dans LA ROUTE, nouveau volume qui explore la conclusion du précédent. Cette fois, c’est l’Australien John Hillcoat qui en signe l’adaptation. Mais, là où les premiers réussissaient une œuvre originale et puissante, le second ne donne qu’une pâle réplique, malgré son respect du roman.

L’Apocalypse a déferlé sur les Etats-Unis. Parmi les rares survivants, dans un hiver permanent, deux individus sans nom, un père (Viggo Mortensen) et son fils (Kodi Smit-McPhee), tentent de gagner le sud où il devrait faire plus chaud. La route est pleine de danger, l’humanité en ruines est devenue cannibale et les «gentils» sont rares. Chaque rencontre est un risque qui a fait grandir la méfiance dans le cœur du père. Chaque rencontre pourrait cependant être un espoir, c’est le point de vue de l’enfant qui n’a pas encore renoncé.

Quelques beaux plans émaillent une mise en scène pesante, centrée sur un réalisme parfois complaisant. Hillcoat y privilégie l’action - éviter le danger, trouver de la nourriture, se protéger du froid - alors que toute l’histoire est sous-tendue par la transmission d’un héritage: qu’apprendre à son fils destiné à vivre dans un monde perdu? Comment en est-on arrivé à ce mal? Cela n’est pas dit par le décor qui ressemble à un paysage postnucléaire. L’histoire de l’écrivain est construite comme la métaphore d’un pays détruit par une population barbare (non, ce pays n’est pas pour le vieil homme...) Mais celle du cinéaste devient une sorte de science-fiction, plus apocalyptique dans sa destruction physique que dans la déliquescence de son humanité.

Geneviève Praplan