Mères et filles

Affiche Mères et filles
Réalisé par Julie Lopes-Curval
Pays de production France
Année 2009
Durée
Genre Comédie dramatique
Distributeur Bac Films
Acteurs Michel Duchaussoy, Catherine Deneuve, Jean-Philippe Écoffey, Marina Hands, Marie-Josée Croze
Age légal 16 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 604
Bande annonce

Critique

Arrivée du Canada, Audrey (Marina Hands) vient passer une dizaine de jours chez ses parents, Martine (Catherine Deneuve) et Michel (Michel Duchaussoy). Ses rapports avec sa mère sont toujours tendus, si bien qu’Audrey demande rapidement à pouvoir s’installer chez son grand-père mort il y a peu. Martine n’y est pas favorable, mais elle cède. Audrey s’installe et trouve, derrière un meuble de la cuisine, un cahier de recettes appartenant à sa grand-mère, Louise (Marie-Josée Croze), qui jadis quitta mari et enfants sans un mot. Ce cahier était également son journal intime. Audrey y découvre que Louise, maintenue par son mari dans une vie d’ennui, prévoyait de s’enfuir et de revenir plus tard chercher ses enfants. Ces lignes ébranlent Audrey, déjà fragilisée par une grossesse dont elle ne sait que faire. Tom (Romano Orzari), son amant américain, débarque pour en discuter.

(...) MERES ET FILLES (...) cherche à découvrir ce qui se cache derrière le miroir des apparences familiales. Julie Lopes-Curval aborde en effet ces thèmes par le biais d’une enquête menée par une femme, enceinte et en froid avec sa mère, et qui va explorer sa «fiction de famille» pour tenter de percer le mystère qui la ronge et qui rongeait sa mère avant elle. A la manière de THE HOURS, le film entremêle ainsi les récits de vie de trois femmes à deux époques différentes, les années 50 et aujourd’hui: la mère, la fille et la grand-mère.

Bien que central, le personnage de la mère est le moins bien croqué. Il est le moins aimable aussi, sans doute parce que Lopes-Curval a fait l’erreur d’en confier l’interprétation à Deneuve. si rompue à ce type de personnage (son rôle dans UN CONTE DE NOËL, notamment, lui colle à la peau), qu’elle en devient monolithique et qu’elle désamorce, bien malgré elle, les scènes d’affrontement. La réalisatrice réussit bien mieux à retranscrire la contamination du personnage de la fille par ce qui s’est joué, des années auparavant, dans la vie de sa grand-mère. Elle impose alors un rythme ténu, fait de troubles imperceptibles, de lente maturation, jusqu’à l’éclosion d’une liberté assumée. En creux, elle laisse également une part belle aux hommes faussement en retrait.

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