Chant des oiseaux (Le)

Affiche Chant des oiseaux (Le)
Réalisé par Albert Serra Juanola
Pays de production Espagne
Année 2008
Durée
Musique Pau Casals
Genre Drame
Distributeur Capricci Films
Acteurs Mark Peranson, Lluís Carbó, Montse Triola, Victoria Aragonés, Lluis Serrat Battle
Age légal 16 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 589
Bande annonce (Allociné)

Critique

Avec ce film, Albert Serra Juanola signe un troisième film encore plus beau que ne l’était déjà HONOR DE CAVALLERIA, où trois va-nu-pieds magnifiques et sans âge traversent un monde, le nôtre, comme nous ne l’avions jamais vu. Attention, chef-d’œuvre.

Commencer par retenir, et par faire siennes, les toutes premières lignes du dialogue qui, de toute évidence, s’adressent au spectateur: «Oui, regarde-moi ça... Si tu observes bien, tu découvriras certaines choses. Parfois, on reste admiratif devant la beauté des choses. Je ne m’attendais pas à voir une chose pareille. Maintenant, on peut la voir de nos propres yeux.» A l’aune de cet avertissement, le film d’Albert Serra Juanola semble se promettre à cette croyance-là que, grâce au cinéma, nous allons assister, comme s’il avait lieu maintenant, à un moment unique qui relève de la Nativité.

Ainsi LE CHANT DES OISEAUX œuvre-t-il simplement à enregistrer la beauté du monde comme si cela revenait à regarder celui-ci pour la première fois. Trois silhouettes traversent le cadre, élargi ici aux proportions de vastes étendues, de vallées arides, et dessinent le périmètre d’un road movie contemplatif où il s’agit ni plus ni moins de les accompagner, de partager avec elles une partie du trajet.

Dès lors, une hypothèse - de l’ordre d’une révélation - se fait jour: la matière du film travaille sans doute davantage la sensation que l’émotion, comme en atteste le reflet du soleil sur la roche, le souffle du vent dans les ergs, la dureté du sol sous les sandales, la fatigue qui écrase les jambes, le poids des étoffes, la chaleur à l’heure de la sieste, l’ombre apaisante d’un sous-bois, la fraîcheur d’un lac à l’heure de la baignade. Se remémorer telle réflexion de Renaud Camus: «Comprendre une œuvre d’art, c’est mesurer exactement les raisons qui nous la rendent intelligible à jamais.» Une affaire de foi, en somme.

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