Noces rebelles (Les)

Affiche Noces rebelles (Les)
Réalisé par Sam Mendes
Pays de production U.S.A., Grande-Bretagne
Année 2008
Durée
Musique Thomas Newman
Genre Drame
Distributeur Paramount Pictures France
Acteurs Kate Winslet, Leonardo DiCaprio, Kathryn Hahn, Michael Shannon (II), David Harbour
Age légal 10 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 583
Bande annonce

Critique

Frank (Leonardo DiCaprio) et April Wheeler (Kate Winslet) s’entendent bien. On est dans les années 50, ils ont deux enfants, une maison et un train de vie aisé (celui de la middle class américaine). April s’occupe des travaux domestiques, mais la routine s’installe et elle se met à rêver d’autre chose. Souhaitant redonner un second souffle à son couple, elle propose de déménager avec sa famille et d’aller travailler à Paris. Frank semble près d’accepter cette proposition, mais de petits mensonges, quelques incartades et des circonstances imprévues feront capoter l’exercice.

Adaptation du roman éponyme de Richard Yates REVOLUTIONARY ROAD (traduisez LES NOCES REBELLES…) est au final une entreprise assez terne, sans surprises. Le film s’inscrit dans un récit laborieusement mis en scène: Sam Mendes - que l’on avait connu mieux inspiré dans AMERICAN BEAUTY ou LES SENTIERS DE LA PERDITION - se montre ici très timoré.

Ce qui aurait pu être une incursion originale, un tableau amusé ou nostalgique - ou encore critique - de la société américaine des années 50 n’est qu’un récit appliqué, voire ennuyeux. L’expression des sentiments, malgré les efforts des comédiens, reste convenue et la description du petit monde entourant la famille Wheeler - dans son conformisme étroit, ses conventions morales et son égoïsme latent - ne sort guère de la banalité. Il faut l’apparition de John (excellent Michael Shannon), un voisin considéré comme fou, pour que le film prenne un peu d’épaisseur et de rythme, pour que deux ou trois remarques sur le sens de l’existence soient faites. On sauvera encore quelques séquences de tension conjugale, dans lesquelles se perçoivent, chez April, les premiers signes très timides d’un féminisme naissant. Mais tout le reste de l’intrigue est lisse, sans saveur.

Vingt ans après TITANIC, le spectateur a la désagréable impression que les producteurs ont cherché le moyen de ménager les retrouvailles d’un des couples les plus fameux de l’histoire du cinéma. Mais le rendez-vous est manqué.

Antoine Rochat