Frozen River

Affiche Frozen River
Réalisé par Courtney Hunt
Pays de production U.S.A.
Année 2008
Durée
Musique Peter Golub, Shahad Ismaily
Genre Drame
Distributeur Rezo Films
Acteurs Mark Boone, Michael O'Keefe, Melissa Leo, Misty Upham, Charlie McDermott
Age légal 12 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 582
Bande annonce

Critique

Le matin où doit être livrée leur nouvelle maison préfabriquée, Ray (Melissa Leo) constate que son mari, joueur compulsif, est parti avec les économies de la famille. Non seulement elle doit renvoyer la maison, mais elle n’a plus un sou pour faire vivre ses deux enfants. Son salaire d’intérimaire dans un supermarché ne va rien y changer. C’est alors qu’elle fait la connaissance de Lila (Misty Upham), une Indienne qui vit d’expédients elle aussi. Lila encourage Ray à jouer les passeurs en traversant la rivière gelée qui sépare le Québec de l’Etat de New York.

Courtney Hunt consacre son premier long métrage à la pauvreté de l’Amérique profonde, précisément dans une région où la réserve d’Indiens Mohawks ouvre une sorte de no man’s land, dans laquelle la police fédérale n’opère pas. La misère indienne s’ajoute à celle d’une société étasunienne éloignée des métropoles, celle des gagne-petit qui noient leur manque d’avenir dans l’alcool ou le jeu. C’est cette rencontre qui fait l’intérêt de FROZEN RIVER, rencontre de deux cultures malaxées par la même pauvreté.

La réalisatrice en rend compte avec une écriture discrète, sensible, toujours sur le fil du rasoir. L’histoire se nourrit de situations tragiques; à partir du moment où surgit une crise, tous les problèmes semblent devoir s’y greffer. Le mélodrame est là qu’il faut raconter sans pathos. Courtney Hunt y parvient, montrant, sans jouer les touche-à-tout, des réalités dont on ne peut douter. Pour autant, elle ne perd jamais le cap de son scénario: Ray arrivera-t-elle à acheter sa maison?

Les acteurs sont excellents, les deux femmes en particulier. Melissa Leo s’était fait remarquer notamment dans l’excellent LES TROIS ENTERREMENTS DE MELQUIADES ESTRADA (Tommy Lee Jones, 2005) et l’Indienne Misty Upham est parfaite. Il faut noter aussi la performance de Charlie McDermott; il campe haut la main le difficile personnage de T.J., déchiré entre son enfance et la mission de chef de famille qu’il s’évertue à endosser pour soutenir sa mère.

Geneviève Praplan