Par suite d'un arrêt de travail du personnel

Affiche Par suite d'un arrêt de travail du personnel
Réalisé par Frédéric Andrei
Pays de production France
Année 2007
Durée
Musique Nicolas Errera
Genre Comédie
Distributeur Wild Bunch Distribution
Acteurs Patrick Timsit, Charles Berling, Dominique Blanc, Philippe Duquesne, Virginia Anderson
N° cinéfeuilles 573
Bande annonce

Critique

L’«arrêt de travail» en question, c’est celui des employés des services et des transports publics de Paris. Les grèves paralysent la ville, puis la France tout entière. Marc Roux (Patrick Timsit), prétentieux businessman de 40 ans, doit absolument se rendre à Rome pour signer le contrat décisif de sa carrière. Pas d’avion, pas de train: il court partout, s’énerve et croise un personnage apparemment imperturbable, Vincent Disse (Charles Berling), qui a aussi l’intention d’aller à Rome saluer un de ses anciens professeurs.

L’intrigue s’appuie sur le schéma classique de la rencontre fortuite de deux personnages que rien ne destinait à se croiser. Obligés qu’ils sont de se rendre au même endroit, ils devront voyager ensemble, se découvrir, s’affronter.

PAR SUITE D’UN ARRÊT DE TRAVAIL DU PERSONNEL est un petit road movie à la française, sympathique et délassant, mais qui ne renverse pas les Alpes. La dynamique de cette comédie repose sur l’opposition des deux hommes, l’un stressé et acquis aux théories de l’économie libérale, l’autre décontracté et considérant en particulier la grève comme un droit fondamental. Un accord verbal est passé entre eux: ils se partageront le volant et la conversation durant le voyage.

Inquiet à l’idée de devoir passer 90 minutes en compagnie de ces deux seuls personnages grognons et peu diserts, le spectateur découvre heureusement que le trajet est jalonné d’incidents (pas toujours vraisemblables), de rencontres (le hasard fait bien les choses) et de petits coups de théâtre (la comédie a bon dos!) On fera la connaissance d’autres personnages (belle scène avec Dominique Blanc, sensible et talentueuse, un vrai régal). Le film s’essouffle parfois, reprend son rythme, se perd dans des digressions. L’espace d’un instant, le propos semble s’étoffer, surgit une pointe d’émotion, mais les pistes qui s’ouvrent sont vite abandonnées et le film laisse comme un petit goût d’inachevé.

Il n’empêche. Dans la production pléthorique et peu convaincante des comédies françaises d’aujourd’hui, le second film de Frédéric Andrei (le premier date de 1986!) se situe un ton nettement au-dessus.

Antoine Rochat