Désengagement

Affiche Désengagement
Réalisé par Amos Gitaï
Pays de production Israël, Italie, France, Allemagne
Année 2007
Durée
Musique Simon Stockhausen
Genre Drame
Distributeur frenetic
Acteurs Juliette Binoche, Jeanne Moreau, Liron Levo, Dana Ivgy, Barbara Hendricks
Age légal 16 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 572
Bande annonce

Critique

«Les hommes peuvent-ils renverser la machine politique? La question est ouverte.» Depuis longtemps, Amos Gitaï, cinéaste israélien de gauche, s’interroge, et le désengagement des colonies dans la bande de Gaza a aiguillonné son questionnement. Il en résulte un film hybride, où le réalisateur commence par essayer de faire du Resnais puis revient à son cinéma nerveux, caméra à l’épaule.

La première partie, lente et interminable, met en place les deux principaux protagonistes du film: Ana (Juliette Binoche, ici assez seyriguienne…), Palestinienne au passeport néerlandais, et son demi-frère Uli (Liron Levo), officier de police israélien. Tous deux se rendent à Avignon où leur père, professeur de droit et européen convaincu, vient de décéder. Leurs relations sont inspirées de L’homme sans qualités de Musil. On comprend que, pour Gitaï, les questions de territoire sont importantes, ainsi que le passage de l’un à l’autre; d’où le rôle des barrières et barrages apparaissant souvent dans le film et leur franchissement autorisé ou non. Cette première partie assez désordonnée voit surgir Barbara Hendricks (nécessaire pour faire entendre «Le Chant de la Terre» de Mahler et Jeanne Moreau en exécuteur testamentaire du défunt père, qui a stipulé que la part de sa petite-fille lui soit apportée par sa mère Ana (qui l’a abandonnée en Israël).

D’où l’entrée difficile d’Ana dans un Etat hostile aux Palestiniens. Ici commence la seconde partie, qui révèle plus nettement la patte du réalisateur. Les personnages apparaissent dans leur authenticité et abandonnent tout maniérisme. La rudesse ambiante symbolise le dépouillement par lequel il faut passer pour se repérer réellement. L’évacuation de la colonie est représentée sans concessions mais sans parti pris: les policiers font leur travail proprement, les colons expriment leur attachement à la terre sans pathos excessif. Mais, malgré une belle scène de retrouvailles, on peine à engager ses sentiments dans ce film dont, soit dit en passant, la télévision publique israélienne s’est dégagée financièrement, considérant que Gitaï n’était pas un cinéaste du pays.

Daniel Grivel

Appréciations

Nom Notes
Daniel Grivel 13