Paris

Affiche Paris
Réalisé par Cédric Klapisch
Pays de production France
Année 2008
Durée
Musique Loïk Dury, Robert John Burke, Christophe Minck
Genre Comédie dramatique
Distributeur Mars Distribution
Acteurs Juliette Binoche, Fabrice Luchini, François Cluzet, Albert Dupontel, Romain Duris
N° cinéfeuilles 564
Bande annonce

Critique

Le réalisateur de CHACUN CHERCHE SON CHAT (1996) et de L’AUBERGE ESPAGNOLE (2002) s’essaie à un portrait de Paris à travers le regard d’un homme à qui la maladie donne une vision nouvelle. Seule une greffe du cœur peut sauver Pierre (Romain Duris). De son appartement situé sous les toits, il plonge dans l’animation de la ville. Sa sœur Elise (Juliette Binoche) s’installe chez lui pour l’aider. Elle fait le marché, va à son travail, et sert de lien entre son frère et la rue. Ainsi se dessinent toute une série de personnages, autant d’identités qui font de Paris un mélange social, avec ses miasmes, ses fêtes, ses réalités multiples.

Cédric Klapisch adopte un ton intimiste pour parler de sa ville à travers une sensibilité qui semble se rapprocher de ses propres interrogations, comme si ses personnages portaient un peu de ses soucis. Le film commence bien, avec le discours d’un professeur d’histoire (Fabrice Luchini) qui pose les jalons: une ville n’est pas seulement des vestiges reliés à la modernité, elle est ses habitants eux-mêmes.

Le réalisateur prend l’historien au mot et découpe son film selon un itinéraire qui échappe au touriste, de Ménilmontant aux halles de Rungis. C’est dans ce carré qu’évoluent les nombreux personnages, sans points communs, se croisant par hasard, tandis qu’Elise et Pierre tiennent le fil rouge. Mais, pourtant bien rythmé et joliment construit, PARIS se dilue rapidement dans le nombre de ces existences. Surtout, le scénario s’autorise des facilités qui fissurent l’harmonie, certains plans traînent en longueur.

Reste le plaisir que fait naître Paris, à chaque visite, à chaque évocation, et dont le film est plein. Reste aussi le couple du frère et de la sœur qui, puisqu’il n’a pas à s’embarrasser de ces courses à l’amour facile dont raffolent les comédies françaises, peut développer une sincérité de sentiments qui fait du bien.

Geneviève Praplan