Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street

Affiche Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street
Réalisé par Tim Burton
Pays de production U.S.A.
Année 2007
Durée
Genre Musical, Thriller, Epouvante-horreur, Drame
Distributeur Warner Bros. France
Acteurs Johnny Depp, Alan Rickman, Helena Bonham Carter, Timothy Spall, Sacha Baron Cohen
N° cinéfeuilles 562
Bande annonce

Critique

En 1846, Thomas Peckett Prest publie dans un périodique populaire un feuilleton narrant l’histoire d’un barbier londonien, Sweeney Todd, victime d’un déni de justice devenu fou de vengeance. L’homme égorge ses clients que sa complice, boulangère besogneuse, transforme en chair à pâté pour des croustades qui lui valent un triomphe. Plus qu’une comédie musicale, Tim Burton propose ici un opéra-bouffe...

Le film est un avatar de nombreuses adaptations à la scène, au petit écran, à la scène de Broadway, de cette légende urbaine conférant à Sweeney Todd une notoriété égale à celle de Jack l’Eventreur. Il reprend les paroles et la musique de Stephen Sondheim dans sa création de 1979. Sur les airs de l’ouverture, le générique de début est sanglant à souhait et annonce la dominance de la couleur rouge sur fond de grisaille. On survole un Londres fuligineux et méphitique, rappelant les ambiances d’ELEPHANT MAN. Un trois-mâts remonte la Tamise et passe sous le Tower Bridge (anachronisme, puisqu’il date de la fin des années 1880, mais admettons-le comme une licence poétique du réalisateur...) A son bord, Sweeney Todd (Johnny Depp), barbier arbitrairement condamné par un juge (Alan Rickman) ayant convoité sa femme, et un matelot, Anthony (Jamie Campbell Bower), qui s’éprendra de la fille du barbier, pupille du juge.

Après quinze ans d’isolement, Sweeney Todd regagne sa mansarde, au-dessus de l’échoppe miteuse de la veuve Lovett (Helena Bonham Carter qui, depuis CHAMBRE AVEC VUE, semble apprécier des rôles plus sulfureux, voir HARRY POTTER...) C’est là qu’il retrouve ses redoutables rasoirs et qu’il ourdira son projet de vengeance longuement ruminé.

On le sait, Tim Burton affectionne le bizarre et le macabre, et il a trouvé en Johhny Depp (EDOUARD AUX MAINS D’ARGENT) un interprète accompli, joignant du même coup l’utile à l’agréable: l’acteur attire le public comme la lampe les papillons de nuit (l’affluence inhabituelle à la vision de presse en témoignait...) Il faut reconnaître que ce diable d’homme («le diabolique barbier de Fleet Street», dit le sous-titre du film) sait bouger, et le metteur en scène est habile à régler les mouvements de foule.

Même si l’œuvre de Stephen Sondheim est datée (elle a le même parfum que HAIR ou JESUS CHRIST SUPERSTAR), même si la musique est à mon goût un peu gonflante, le film de Tim Burton présente quelques fulgurances esthétiques. Les égorgements répétitifs renvoient au Grand-Guignol et, par leur excès, deviennent insignifiants. L’apparition de Sacha Baron Cohen, alias Borat, en soi-disant coiffeur italien des têtes couronnées, est pittoresque. Et chapeau aux principaux acteurs qui ont chanté sans être doublés!

Daniel Grivel