Anna M.

Affiche Anna M.
Réalisé par Michel Spinosa
Pays de production France
Année 2007
Durée
Genre Drame
Distributeur agorafilms
Acteurs Isabelle Carré, Gilbert Melki, Anne Consigny, Gaëlle Bona, Geneviève Mnich
Age légal 16 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 544
Bande annonce

Critique

On sort perplexe de la vision de ce film atypique qui agresse le spectateur le plus endurci. Il faut un peu de temps et de recul pour juger de cette œuvre pour le moins intéressante.

Anna s'éprend du chirurgien qui l'a soignée à la suite d'une tentative de suicide. Elle est de plus en plus aveuglée par une passion délirante. Elle se convainc que cet amour est réciproque et prend les phrases les plus banales pour des déclarations, telle que "appuyez-vous sur moi" quand il lui fait faire deux pas hors de son lit d'hôpital. Quand elle finit par comprendre son erreur, l'amour devient haine et besoin irrésistible de vengeance.

Au départ, le cinéaste-scénariste voulait écrire un film sur la jalousie. Pris au jeu, il découvre, à travers ses lectures, une forme pathologique de ce sentiment qui conduit à une perte du sens des réalités. Tout en se défendant d'avoir réalisé une étude médicale, Spinosa décrit les phases cliniques de cette psychose qu'il souligne par des intertitres. Il y a donc un aspect documentaire de l'érotomanie qui n'est pas rare, selon les psychiatres.

Anna devient de plus en plus violente, elle fait preuve d'une énergie de tous les instants. Le cinéaste s'est-il laissé emporter par un sujet qui se prêtait à la démesure? Ou bien ces excès de folie font-ils vraiment partie de cette pathologie?

Anna M., c'est Isabelle Carré. Elle a trouvé là un rôle à contre-emploi, elle qui incarnait généralement la douceur et la gentillesse. Le film tout entier repose sur ses épaules. La caméra ne la quitte jamais durant les 106 minutes de cette production. Elle est remarquable dans ce rôle difficile et s'en tire avec talent. Prestation qui laisse dans l'ombre les autres comédiens.

Enfin, la séquence finale qui nous projette des années en avant est parfaitement inutile et fait perdre de sa force à ce portrait d'une femme gravement atteinte dans son psychisme.

Maurice Terrail

Appréciations

Nom Notes
Maurice Terrail 12
Georges Blanc 11
Daniel Grivel 10
Ancien membre 14