Californie (La)

Affiche Californie (La)
Réalisé par Jacques Fieschi
Pays de production France
Année 2005
Durée
Musique Mino Cinelu
Genre Drame
Distributeur Mars Distribution
Acteurs Nathalie Baye, Roschdy Zem, Ludivine Sagnier, Mylène Demongeot, Radivoje Bukvic
Age légal 14 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 534
Bande annonce

Critique

"Un bon scénariste et de bons acteurs ne font pas nécessairement un bon film. LA CALIFORNIE en est une nouvelle preuve.

""La Californie"", c'est le nom donné au quartier luxueux qui surplombe Cannes, un décor que Georges Simenon avait choisi pour l'un de ses romans, Chemin sans issue. C'est là que vit Maguy (Nathalie Baye), une femme richissime qui entretient une bande de mafieux, en particulier deux Serbes exilés, Mirko (Roschdy Zem) et Stefan (Radivoje Bukvic). Tout baigne jusqu'à l'arrivée d'Hélène (Ludivine Sagnier), la fille que Maguy a un jour délaissée. Elle va bouleverser la donne. Un crime aura lieu, que chacun aurait pu commettre.

LA CALIFORNIE est une histoire de plusieurs solitudes, d'exilés, de marginaux, et de trafiquants plutôt louches. Une histoire d'amours et d'amitiés aux engrenages souvent tragiques. Les visages sont fermés, les comportements frustes, les gestes brutaux. L'argent - on pressent une faillite toute proche - finit par dominer cette communauté bizarre et ce sera l'explosion finale.

Jacques Fieschi a des références. Il a été l'excellent scénariste de plusieurs films de Claude Sautet, de Nicole Garcia, d'Anne Fontaine. Avec LA CALIFORNIE (dont il signe le scénario, inspiré de Simenon), il tente de passer derrière la caméra, mais l'opération se révèle laborieuse, et Fieschi ne réussit pas à nous faire croire à cette chronique d'une décadence annoncée. Le film tente de créer un climat, mais les personnages ne possèdent pas cette vie, cette charge affective et sociale qui permettent au spectateur d'entrer dans l'histoire. Nathalie Baye - dans un rôle d'aventurière excentrique et argentée - a beau en faire le maximum, ses complices aussi, LA CALIFORNIE reste en rade. Fieschi n'est ni Sautet ni Melville, et son film, qui se voulait mélange de drame, de comédie théâtrale, de polar décalé, flotte constamment et finit par agacer. La mise en scène est quasiment absente, le rythme peu soutenu et l'intérêt moindre."

Antoine Rochat